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Les contenus proposés sur ce site sont déconseillés aux personnes sensibles et aux mineurs de moins de 12 ans.

Dernières nouvelles

Nous travaillons sur une grande refonte interne car la tendance actuelle nous ferait fermer d'ici un à deux ans. Pour nous aider là-dessus, nous avons besoin que vous répondiez à quelques questions pour nourrir nos réflexions. Cliquez ici pour en savoir plus et accéder au sondage.

Vous voulez trouver toutes nos plateformes, ou vous êtes curieux de savoir quels médias parlent de CFTC ? Tout est sur notre Linktree !

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On a aperçu Virginia


Temps approximatif de lecture : 8 minutes.


L’orage grondait au-dessus de Redcrik, petite ville de 3000 habitants. Sur l’horizon, des éclairs déchiraient l’obscurité du manteau noir. Pressant le pas et remontant le sentier à rebours, Sarah et Adrien se dirigeaient vers le parking, à l’entrée ouest de la forêt de Pâle Ruisseau. 


Après une bonne après-midi à s’aimer sur le tapis plus ou moins confortable des feuilles et autres branches mortes, le couple avait hâte de rentrer à son appartement et de dîner devant une bonne série télé.


À travers les branches nues, la lueur des réverbères du parking s'annonça. Ils s’y précipitèrent en courant : 


Sondage mensuel : publications de septembre

Chères lectrices, chers lecteurs de CFTC, il est temps de ressusciter les sondages mensuels sur vos publications préférées, et la question du mois en passant ! Comme vous vous en rappellerez si vous y participiez déjà l'année dernière, il vous suffit donc de suivre le lien https://forms.gle/rpFscPSBsuMmaTT59 afin de sélectionner la publication que vous avez préférée sur Creepypasta from the Crypt ainsi que sur le Nécronomorial. La question du mois concerne les équipes officielles de CFTC qui, vous le savez si vous nous suivez sur les réseaux sociaux, recrutent. Vous disposez également d'un espace de commentaire libre pour nous envoyer les messages que vous souhaitez. Les résultats du sondage seront publiés le 1er novembre. 
Par ailleurs, pour ceux qui souhaiteraient fêter Halloween avec nous, une grande animation va être lancée sur notre serveur Discord, inspirée librement du principe des Loups-garous de Thiercelieux. Nos illustrateurs Kitsune et Niklaus ont à cette occasion réalisé une affiche de communication qui va être publiée sur les réseaux sociaux. N'hésitez pas à nous rejoindre pour y participer ! 
 
 
Merci de nous suivre depuis très bientôt 12 ans !

Les chroniques de Stellae - Le Fief Blanc


Temps approximatif de lecture : 11 minutes. 

Très chère Amélia,

Comme vous l'apprîtes certainement, lorsque sonna la fin de la guerre pour le contrôle des terres gelées situées au nord-ouest de la capitale, et ce suite à un compromis proposé aux locaux par l'empereur, les troupes furent retirées de la région, et rentrèrent à Castel d'Or, un goût amer dans la bouche malgré leur victoire partielle.

J'aime la nuit


Temps approximatif de lecture : 4 minutes.


J'aime la nuit. C'est le seul moment calme dans ma ville : personne pour me hurler dessus sans raison valable, et aucune manifestation du klaxon stressé des mecs qui vont au travail. Le calme presque absolu. C'est pour ces raisons que j'aime sortir la nuit, dans la pénombre à peine amoindrie par les faibles lumières des lampadaires. 


Ya-Te-Veo


Temps approximatif de lecture : 3 minutes. 

Vous ne le verrez que lorsqu'il sera trop tard. Dans n'importe quelle forêt, n'importe quel bois, n'importe quel parc... Partout où un arbre peut pousser, il y a une chance qu'il soit là lui aussi.

Il s'intègre parfaitement, s'accorde avec n'importe quel type de flore qui l'entourerait. L'environnement n'a aucune importance, car quel que soit le niveau d'ensoleillement et d'eau, cela fait peu de différence pour cette chose. La chair et le sang sont les seuls apparats dont elle a besoin. 

Déchronologies Estivales : Sa dernière cicatrice


Temps approximatif de lecture : 2 minutes. 

Lorsque le fils de Sarah est né, il avait plus de cicatrices que de peau. Ce nouveau né, encore rose, était caché sous de dures lignes argentées semblant le traverser de part et d’autre de lui-même. Les docteurs n’avaient pas d’explications. « Probablement une rare affection cutanée, mais ça parait assez inoffensif. Nous allons garder un œil sur lui au fur et à mesure de sa croissance. » 

Déchronologies Estivales : Lettre de Samuel à sa mère


Temps approximatif de lecture : 3 minutes. 

Normandie, 5 Juin 1944.

Ma chère mère,

Voilà 6 mois que nous restons cachés dans cet endroit, cette cave. La famille qui nous héberge est composée de braves gens, ils prennent énormément de risques pour nous. Je n'ose même pas imaginer ce que les nazis leur feraient s'ils découvraient qu'ils nous ont aidés...
Que deviendrait la petite Sophie, qui nous apporte chaque jour à manger, avec un grand sourire sur le visage?
"Vous sortirez bientôt, c'est promis !". 
C'est ce qu'elle nous disait, tous les jours... Mais le temps passe, et nous sommes toujours cachés dans cette pièce sombre et humide, avec une radio comme seul divertissement. C'est mieux que rien, cela dit.

Déchronologies Estivales : edilasyrhc aL


Temps approximatif de lecture: 16 minutes. 

Ma première rencontre avec le paranormal eut lieu de façon inattendue un lundi d’été 1982. J’étais alors professeur assistant à l’université de Géorgie à Athens ; j’enseignais l’allergologie depuis trois ans, après avoir passé mon doctorat avec brio. J’avais pu me faire quelques amis parmi les nombreux professeurs et collègues arpentant le campus et parmi eux, il y avait Charles Hartley. Un insupportable beau-parleur incapable de modération quand il s’agissait de se vanter de ses exploits universitaires, mon aîné de plus de vingt ans. Il avait fondé et assisté à la création de plusieurs clubs et associations du campus : c’était une figure connue et assez emblématique. Populaire donc, et toléré pour cela : en effet, ses recherches, elles, étaient plus nébuleuses. Titulaire de diplômes en immunologie et en endocrinologie, il était un chercheur dispersé, dur à suivre dans ses expériences et autres hypothèses. Cependant, il donnait ses cours avec une régularité admirable, conservant sans mal son statut de professeur-chercheur.

Déchronologies Estivales : Superprédateur


Temps approximatif de lecture : 3 minutes. 

Les grands requins blancs rôdant sur le rivage de la côte atlantique furent certainement ce qui suscita le plus de crainte. Personne n'avait jamais vu quelque chose de ce genre. Des témoignages avaient rapidement fait surface, des gens ayant aperçu un groupe de deux ou trois douzaines de requins blancs adultes nageant à l’unisson à quelques mètres des plages. Comme de grands robots en cuir blanc et aux yeux sombres nageotant en cercle. Un esprit de ruche totalement différent de tout comportement observé auparavant chez ce superprédateur. Et nous réalisâmes rapidement que ça ne se limitait pas à la côte Est.

Déchronologies Estivales : NoEnd House


Temps approximatif de lecture : 26 minutes. 

Pour commencer, je me dois de préciser que Peter Terry était addict à l'héroïne.

Nous étions amis à l'université, et nous avons continué de nous voir après que j'ai eu mon diplôme. J'insiste sur le "je". Il a abandonné la fac après deux années passées de justesse. Après avoir quitté ma chambre du campus pour un petit appartement, je n’ai plus vu Peter autant qu'avant. Nous parlions par messagerie de temps en temps (AIM était roi à l'époque, avant que Facebook s'implante). Il y a eu une période où il n’a plus été en ligne pendant cinq semaines d’affilée, mais je ne m'en inquiétais pas. Toxico qu'il était, il était connu pour se ficher un peu de tout, je supposais qu'il m'avait oublié. Puis, une nuit, je l’ai vu se connecter. Il m’a envoyé un message avant que je puisse lancer la conversation.

« David, mon vieux, il faut qu’on parle. »

Soyez toujours gentil avec vos voisins


Temps approximatif de lecture : 4 minutes. 

Lorsque quelqu'un vous pose des questions sur l’habitation de vos rêves, que répondez-vous ? Il peut s'agir d'un appartement dans une ville peuplée, d'une grande ferme à la campagne ou (si vous êtes comme moi) d’une confortable maison de banlieue entourée d’une jolie clôture.

Mon époux et moi avons emménagé dans la maison de nos rêves il y a environ 5 ans. Elle était située dans une petite ville, une de ces banlieues où tout le monde se connaît et où personne ne pense à fermer sa porte à clef. C’était à environ 30 minutes de route d’une grande ville. Nous pensions avoir trouvé l’endroit parfait, mais nous nous étions trompés.

Vous voyez, le problème avec les gens, c’est qu'on ne les connaît jamais suffisamment. Il est courant dans ce genre de quartier (et partout dans le monde à dire vrai) de rencontrer des personnes qui semblent être les humains les plus gentils et les plus normaux de la planète, mais qui en réalité sont de véritables monstres une fois leur porte fermée. En général, ce n’est rien de plus quun souci d’alcoolisme ou une consommation de drogue, une liaison secrète ou même une maltraitance domestique… Même Jeffrey Dahmer semblait être un type bien et nous savons tous quels cadavres se trouvaient dans son placard (et son frigo).

Tout a commencé il y a quelques mois, lorsque notre nouveau voisin est arrivé. Il restait toujours seul. Il ne parlait à personne mis à part aux occasionnels visiteurs qui venaient d’autres villes pour le voir. Il a été l’élément déclencheur de nombreuses rumeurs. J'avais entendu dire des autres voisins qu'il était un trafiquant de drogue, qu'il avait fait plusieurs séjours en prison ou encore qu’il avait été rejeté par sa famille pour avoir touché son neveu ou sa nièce mais qu'il n'avait pas été dénoncé à la police. Il était très calme et sympathique, quoiqu’un peu effrayant parfois, mais il me semblait être quelqu’un de correct. Apparemment, j’ai été idiote.

Il y a quelques semaines, ma sœur quittait notre domicile tard dans la nuit lorsqu'elle a remarqué que le plafonnier de sa voiture était allumé. Quelqu'un venait visiblement d’en sortir. Elle est rapidement retournée à l'intérieur et a alerté mon mari qui l'a ensuite accompagnée dehors et a jeté un coup d'œil pour voir s'il pouvait trouver le malfrat. Ils ont entendu des bruits de pas sur le porche du voisin, mais n'ont vu personne. Mon époux a décidé d’appeler pour voir si quelqu’un était là mais n’a reçu aucune réponse, pas même un écho. Le lendemain, il a parlé à un autre voisin de l'incident pour l'avertir et lui dire de fermer sa voiture à clef la nuit. Ce voisin a dit à mon mari qu'il avait repéré quelqu'un dans les buissons en face de sa maison deux semaines auparavant et l'avait poursuivi jusqu'à l’habitation voisine de la nôtre avant de perdre l’intrus de vue. Quelques jours après la course poursuite, quelqu'un a cassé une fenêtre chez lui en essayant d'entrer par effraction pendant la nuit. Tout le quartier était complètement paniqué et nous pensions tous que le nouveau était coupable de ces crimes, mais nous n'avions aucune preuve. Personne n'avait pu voir le visage du criminel lorsqu’il avait été poursuivi par le voisin, personne ne pouvait dire s'il avait été jusqu'à cette maison parce qu’il y habitait ou si cette personne en fuite s'était simplement cachée sous le porche ou bien dans la cour.

La police locale a accepté de patrouiller dans notre secteur et les choses se sont calmées pendant un certain temps. C'est-à-dire jusqu'au week-end dernier.

Samedi soir vers minuit, j’ai entendu ce qui ressemblait à des outils. Ayant à proximité une famille en train de rénover sa maison, j’ai supposé qu'ils terminaient quelques travaux avant d’aller dormir ou quelque chose comme ça. Je ne m'en suis vraiment soucié que 45 minutes plus tard, quand j'ai vu des gyrophares à travers ma fenêtre. Je suis sortie pour aller voir et il y avait trois voitures de police, une ambulance et une petite foule qui se rassemblait devant la maison d'à côté. Pour une fois, personne ne semblait connaître le pourquoi du comment. La seule information que j'ai pu recueillir était qu'une vieille dame qui habitait plus bas avait appelé la police pour se plaindre lorsque le bruit des outils l'avait réveillée. Je me tenais au milieu de la foule depuis environ cinq minutes quand les policiers sont sortis pour nous éloigner de la maison et délimiter la zone avec du scotch de scène de crime. Peu de temps après, une camionnette de médecin légiste est arrivée. Ce n'est que le lendemain que nous avons enfin pris connaissance de toute l'histoire.

Deux agents avaient répondu à l’appel de la vieille dame par rapport au bruit. Ils pouvaient entendre les outils depuis l’extérieur mais personne ne répondait à la porte lorsqu'ils ont frappé. Un des deux agents a regardé par la fenêtre et a remarqué du sang sur le sol du salon. Ils ont appelé des renforts avant d’entrer de force dans la maison. Le nouveau voisin avait tuée une femme, l'avait traînée dans son sous-sol et utilisait une scie électrique pour découper son cadavre. Lorsque la police est entrée, il a paniqué et a utilisé la scie pour mettre fin à ses jours. Apparemment, il s'est presque entièrement décapité. Aussi horribles que soient les détails de cet acte odieux, le meurtre-suicide n'est pas la chose qui a causé le plus d’agitation dans notre petite communauté. Il y avait visiblement une grande carte de la ville qu’il avait dessinée à la main et accrochée dans son sous-sol. Chaque maison était représentée par un carré et à l’intérieur de chaque carré il y avait des notes : combien de personnes vivaient dans la maison, si elles avaient ou non des chiens, le meilleur horaire et le meilleur passage pour entrer sans être repéré. Il y avait aussi une pile de photos sur une table près de la carte. Il avait pris des photos de toutes les maisons de notre rue, certaines la nuit et d'autres le jour, certaines de l'extérieur… Et d’autres de l’intérieur. 

Ce texte a initialement été réalisé par Christine Druga sur Creepypasta.com, et constitue sa propriété. Toute réutilisation, à des fins commerciales ou non, est proscrite sans son accord. Vous pouvez tenter de le contacter via le lien de sa création. L'équipe du Nécronomorial remercie également Naveen qui a assuré sa traduction de l'anglais vers le français à partir de l'originale, AngeNoire et Orizy qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et Antinotice et Litanie qui se sont chargés de la correction et la mise en forme. 

L'Autre Réseau


Temps approximatif de lecture : 7 minutes. 

Depuis un moment déjà, de nombreuses rumeurs circulent à propos du Réseau. Mais je crois être la première personne à réellement avoir enquêté sur son sujet. Je suis sans aucun doute le premier à partager le résultat de mes recherches. Je ne vais pas vous faire avaler tout ça en exagérant les choses. Je ne vais pas non plus vous dire tout ce que j’ai pu voir. Je n'ai pas l'intention de répondre à d'éventuels messages, mais je vais donner quelques instructions pour ceux que ça intéresse. 

Je ne sais pas si vous êtes déjà allé au nord du Pays de Galles. Il y a de nombreuses montagnes et vallées, quelques rares grandes villes. Là-bas, on trouve principalement des hameaux de campagne. Je suis allé voir à plusieurs reprises un ami vivant à Bangor, de ce fait je connaissais le chemin jusqu’à la côte. Arrivé là-bas, il suffisait de se rendre vers le sud en passant à travers les contreforts du Mont Snowdon.

Sombre brouillard


Temps approximatif de lecture : 1 minute. 

Depuis longtemps elle hante mes nuits.

Elle que mes insomnies me rappellent,

Qui s'offre toujours à moi sans bruit.

Apathiques, mes soupirs sont semblables à son appel.

Les dangers des rencontres


Temps approximatif de lecture : 5 minutes.


Quand on est adulte, les rencontres deviennent quelque chose de compliqué. La seule façon de se faire de nouvelles connaissances est soit d'aller sur internet, soit de se rendre dans un bar, et l'idée d'essayer d'entamer une relation avec quelqu'un que j'aurais rencontré via l'un ou l'autre de ces biais me mettait mal à l'aise. À 28 ans, comme aucune de mes amies ou collègues célibataires ne m'intéressait sur le plan romantique, je me suis dit que j'étais condamné à être célibataire pour le reste de ma vie.


Mais ensuite, je l'ai rencontrée. 


La charge des morts-vivants

Temps approximatif de lecture : 3 minutes.


La forteresse était un vieux château datant du Moyen Âge. Un bastion imprenable, si bien que cela faisait deux jours que des soldats s’amassaient dans la tranchée face au fort. Des travaux de renforcement avaient été entrepris pour consolider les défenses, mais deux ou trois explosifs au pied des murailles auraient suffi à les faire tomber. Et si ce fort tombait, c’est la nation qui s’effondrait. La tension était ainsi de plus en plus palpable. De temps à autre, on voyait brièvement sortir des abris des périscopes qui scrutaient sans relâche leurs ennemis. Parfois, des coups de feu brisaient le silence du champ de bataille. Alors chacun se jetait sur son fusil, craignant qu’une attaque ait été ordonnée.

Sondage : l'horreur sur les réseaux sociaux et vous

Chers membres de la Crypte ! Comme vous aurez pu le constater si vous nous suivez sur Twitter, Facebook, Instagram ou que vous avez rejoint notre serveur Discord (si ce n'est pas fait, vous pouvez les rejoindre en cliquant sur les jolies petites icones dans la barre latérale droite du blog en version web, si vous êtes sur téléphone vous pouvez en forcer l'affichage en ouvrant les options de votre navigateur en haut à droite à côté de l'URL), nous sommes en train de moderniser notre fonctionnement et nos plateformes. Pour nous aider dans la partie qui concerne les réseaux sociaux, nous avons réalisé un petit sondage qui prend moins de deux minutes à remplir afin de mieux comprendre comment vous consommez des contenus d'horreur sur les réseaux sociaux en général. Vous pouvez y répondre en cliquant ici.

Nous souhaitons en utiliser les résultats afin de repenser la manière dont nous y publions, mais aussi éventuellement la liste des plateformes sur lesquelles nous diffusons du contenu. Nous l'avons également envoyé aux communautés de nos partenaires sur YouTube et à d'autres communautés horrifiques afin d'avoir une vision aussi globale que possible. Cela signifie que si vous connaissez d'autres personnes qui aiment les contenus horrifiques, vous pouvez aussi leur partager le lien du sondage (et bien sûr y adjoindre le lien des blogs et de nos réseaux sociaux en passant). Nous publierons probablement les résultats avec nos analyses une fois que nous aurons assez de réponses, et nous en profiterons pour lancer les nouveaux projets de CFTC que nous sommes en train de vous concocter sur le salon #général-équipes du serveur Discord, je n'en dis pas plus. Nous remercions tous ceux qui participeront, car c'est grâce à vos retours que nous savons si notre contenu vous plaît toujours et que nous pouvons continuellement vous améliorer pour continuer à vous donner de beaux cauchemars !


NOR 8 - Les autres passagers


Temps approximatif de lecture : 10 minutes

« Madame, Monsieur, bonjour ! Mon nom est Marie, votre cheffe de cabine. Le commandant de bord, Monsieur Coulon, et l'ensemble de l'équipage ont le plaisir de vous accueillir à bord de cet Airbus 330. Nous nous assurons de votre sécurité et de votre confort durant ce vol. Veuillez attacher et ajuster votre ceinture de sécurité. Nous vous souhaitons un très bon voyage. »

Mon groupe de soutien préféré


Temps approximatif de lecture : 2 minutes.

Je suis le premier à l'admettre : je suis un bel enfoiré. Et très paresseux, par-dessus le marché. J’étais juste là-bas pour voir qui était l’idiot, parce qu'il y a TOUJOURS un idiot.

Mon pire ami


Temps approximatif de lecture : 15 minutes.

Connaissez-vous cette sensation étrange que je m'apprête à vous décrire ? Je ne doute pas que cela en fera tiquer plus d'un. C'est un ressenti assez courant, surtout de nos jours. Quand on se sent mal sans vraiment savoir pourquoi, quand on ressent l’envie de voir des gens autant que celle de les fuir, quand écouter nos morceaux de musique préférés ne produit plus le même effet euphorisant, quand tenir une conversation nous paraît aussi éreintant que de se lever d'une chaise avec quarante de fièvre, quand on appréhende toujours les choses, se focalisant systématiquement sur la pire issue possible aux moindres événements et interactions avec ce qui nous entoure.

Bonne nuit mon trésor


Temps approximatif de lecture : 3 minutes. 

Mon fils a deux ans et ne. dort. pas.

Donc, quand j’ai vu une annonce sur Internet pour "Bonne nuit mon trésor : le seul livre qui GARANTIT d'endormir votre enfant", j’ai cliqué. J’étais sceptique, mais il y avait une vidéo de démonstration sur le site Internet.

« Je vais vous montrer comment ça marche. Tout de suite, j’ai un enfant dans son lit. »

Silence radio


Temps approximatif de lecture : 3 minutes. 

36,400,000

C'est le nombre attendu de civilisations intelligentes dans notre galaxie, selon la célèbre équation de Drake. Au cours des soixante-dix-huit dernières années, nous avons diffusé tout ce qui nous concerne – notre radio, notre télévision, notre histoire, nos plus grandes découvertes – au reste de la galaxie. Nous avons crié notre existence à pleins poumons au reste de l'univers, en nous demandant si nous étions seuls. Trente-six millions de civilisations, et pourtant, en presque un siècle d'écoute, nous n'avons rien entendu. Nous étions seuls.

Jusqu'à il y a environ cinq minutes.

Le Dernier Noël : chapitre 2, le Tunnel


Temps approximatif de lecture : 12 minutes. 

Gerg avançait lentement dans les ténèbres. Il n’y avait aucun bruit hormis celui de leurs pas sur la terre sèche et ils avaient tous l’impression d’avancer dans le vide. Parfois, la faible lumière de leur lanterne parvenait à éclairer les parois, mais Gerg et Phéeal évitaient de le faire. Ils avaient un mauvais pressentiment et Herloak elle-même n’aimait pas les voir. Une espèce de mousse rouge avait poussé sur les pierres lumineuses, ressemblant à un sang opaque et répugnant qui se serait agglutiné pour former des tapis de nervures feuillues. Az le lard ne partageait pas leur dégoût, lui était très curieux et se retenait avec force de toucher la mousse. Il se demandait quelle était sa texture et se concentrer sur cette pensée l’empêchait de penser à sa famille. Il allait certainement passer Noël en tant qu’orphelin, s’il survivait au fungus qui se développait en lui…

La porte à laquelle la Mort ne toque plus


Temps approximatif de lecture : 3 minutes. 

Que l’effervescence habituelle d’un saloon peut être agréable ! Les femmes dansent et jacassent, les hommes, quant à eux, boivent et jouent aux cartes. Les paroles, les rires, les cris auxquels s’ajoutent les sons du piano créent un brouhaha incroyablement chaleureux et convivial.

Mais ce jour-là, le vacarme assourdissant du saloon O’Bryan fut rompu l’espace de quelques secondes, lorsque Klang en passa les portes battantes. Un silence austère et oppressant ne tarda pas à s’installer, et hommes comme femmes baissèrent les yeux devant ce géant de deux mètres. 

Ils ont menti


Temps approximatif de lecture : 3 minutes. 

Ils nous ont dit que c'était la plus grande réalisation technologique de l'histoire de l'humanité. Ils nous ont dit que cela changerait à jamais notre rôle sur la scène cosmique. Ils nous ont dit que cela mènerait à un âge d'or d'exploration, de prospérité et d'expansion.

Ils ont menti.

La pièce sans fenêtre


Temps approximatif de lecture : 4 minutes. 

Alors que ses doigts âgés et ridés se faufilaient dans la longue barbe qui encadrait son visage, le bruit est revenu. Seulement cette fois, il était plus fort.

Il était assis là, penché sur la table en chêne tachée qui était apparue il y a des années, sans explication. Elle était arrivée pendant qu'il dormait, absente la veille, présente le matin suivant. Probablement amenée par des gens d'en haut, avait-t-il déduit. C'est de là qu'il tenait tout. Dans cette pièce sans fenêtre. La seule pièce qu'il n'avait jamais connue en quatre-vingt quatre ans sur cette terre. 

C'était le plan parfait


Temps approximatif de lecture : 1 minute. 

Je lui ferais ressentir tant de souffrance. Je lui arracherais le cœur de sa poitrine. Son insupportable agonie assouvirait enfin la haine brûlante qu’elle a semé en moi tout au long de notre mariage. J’ai souvent pensé à des moyens élaborés de lui infliger une implacable angoisse. Chaque situation plus diabolique que la précédente. 

La souriante inconnue


Temps approximatif de lecture : 7 minutes. 

À aucun moment pendant la nuit elle n’a été à plus de 800 mètres du commissariat, mais le parc était faiblement éclairé, et la route serpentait à travers la forêt dans deux directions. J’ai pris un intérêt personnel dans son histoire après avoir appris comment son corps a été terriblement mutilé. Les détails continuent d’affluer, et je travaille toujours au tri des indices. Ce qui est indubitablement clair, c’est qu’un tueur continue d’errer en liberté. Il est dehors quelque part, et il suit de nouvelles victimes dans le quartier que j’appelle « maison ». Pour cette raison, je ne peux pour l’instant qu’être évasif sur ce que je sais. Révéler certains détails serait me dessiner une cible sur le dos, et ainsi, ils ne peuvent être partagés ici. Maintenant que c’est dit, voici ce que je comprends des faits de cette nuit, celle où « La Souriante Inconnue » est morte.

Comme chien et chat


Temps de lecture : 2 minutes

Il adore les balades en forêt. Je l'y vois souvent, la tête levée en direction de la cime des arbres, sifflotant.

Le garçon marche, marche, marche.
Et un d'un air gai il siffle, siffle, siffle.

Classement annuel 2021

Le moment est venu de vous dévoiler le podium des nouvelles horrifiques de cette année, pour lequel vous avez tout de même été nombreux à voter. Merci pour votre implication dans ce classement, nous espérons qu'il sera à la hauteur de vos attentes !

Libération


Temps de lecture : 2 minutes

Le Docteur était censé créer des êtres parfaits. Mettre au point des surhumains qui ne seraient affectés ni par la maladie ni par la mort. Mais les films de science-fiction vous l'ont certainement appris, jouer à Dieu finit toujours mal. Il n’a fallu que d'un instant, dans notre cas, pour que tout bascule. Un dosage ADN trop peu équilibré aura ainsi été suffisant pour créer des monstres, des exuvies. Dans le langage populaire, on les appellerait des zombies. Mais le Docteur n'a pas abandonné. Il a persisté les essais cliniques sur eux. Effectivement, ils étaient immortels, immunisés aux radiations, à la maladie. L'ADN de plusieurs animaux du monde vivant coulait dans leurs veines. Et visiblement, loin d'en faire des supers-humains, ce procédé n'a rien fait d'autre qu'engendrer des entités violentes, partagées entre plusieurs instincts, plusieurs mondes. Ils dévorent tout ce qui est à leur portée, et ne s'arrêtent que quand ils n’ont plus rien d’autre à lécher que les murs de leur cellule de confinement. Ils sont humains de visage, mais bêtes sanguinaires d'appartenance. À ce stade, et vous en conviendrez, le Docteur aurait dû tout arrêter. Considérer l'expérience comme un échec, éliminer les sujets, et tout recommencer de zéro. Mais il n'en a rien fait. Pire, il semblait pris de fascination pour eux, ces êtres bestiaux ne sachant qu'émettre des borborygmes sourds à la moindre tentative d'interaction.

À ce jour, tout le personnel du laboratoire est mort, et le Docteur avec. L'île qui leur était mise à disposition par le gouvernement est depuis livrée aux bêtes et à leur violence. Le jour de leur évasion, tout s'est passé très vite. Les portes se sont ouvertes simultanément. Les choses sont sorties et ont massacré tout le monde, ne laissant qu'un bain de sang derrière elles. Personne n'a pu arrêter leur folie, et à présent, les voilà maîtresses de leur ancienne prison. Bientôt, le gouvernement effacera chacune de leur trace, et ce sera comme si ni le personnel ni les expériences n'avaient jamais existé. Il fallait de toute façon mettre un terme à ce projet insensé, et c'est avec cette pensée que j'ai appuyé sur l'interrupteur, ce jour-là. Si je ne l'avais pas fait, qui en aurait été capable ? Ils m'ont créé pour ça. Pour réaliser ce qu’eux étaient incapables de faire. Après tout, je suis le numéro 14 Bêta. La seule expérience réussie.

Ce texte est une réécriture produite par Gordjack au terme de l'atelier d'écriture horrifique qu'il a organisé, et se base sur la creepypasta d'un enfant ayant pris part à l'activité. Toute réutilisation, à des fins commerciales ou non, est proscrite sans son accord. Vous pouvez le contacter sur nos plateformes, nous tâcherons de vous y aider si besoin. L'équipe du Nécronomorial remercie également AngeNoire et Kitsune qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et Magnosa et Noname qui se sont chargés de la correction et la mise en forme.

La fable de l'Épouvantail et de la termite


Temps de lecture : 3 minutes

Sur une terre aride où souffle un vent brûlant dans un monde gris se tenait un épouvantail, seule réminiscence des temps heureux. L’homme de paille, armé de vêtements noirs virevoltants face aux prémices d’une tempête, se lamentait en rêvant des oiseaux qui autrefois se tenaient à ses côtés. Désormais oublié et désolé, la seule vie qu’il croisait était le mouvement des flammes à l’horizon. L’épouvantail souhaitait tant apprendre à marcher pour retrouver le ciel bleu qui lui manquait.

Winslow


Temps de lecture : 6 minutes

Attention ! Nous déconseillons formellement la lecture de ce texte au moins de 18 ans.

« Tu es le plus gros échec de ma vie, Winslow. J’aurais préféré que tu ne naisses jamais. »

Les paroles de ma mère résonnaient toujours de la même manière dans ma tête. Je pensais naïvement que le temps allait faire son office, que les années se succédant me feraient oublier toute la haine qu’avaient mes parents à mon égard. Mais il avait fallu se rendre à l’évidence : la douleur était immuable. Plus mon esprit ressassait cette phrase et plus je m’apercevais qu’elle avait façonné ma vie. Celle-ci n’avait été qu’un enchaînement d’échecs et d’humiliations, ma mère n’avait pas tort.

Le monstre du placard


Temps de lecture : 13 minutes

Il y a deux semaines, j’ai déménagé. Je suis passé du traditionnel 9 m² étudiant à une maisonnette beaucoup plus sympa. J’ai trouvé récemment du travail dans une petite ville, et la baraque est située à sa sortie (ou à son entrée, tout dépend d’où vous venez). Le voisinage y est sympathique et ma propriétaire Mme D*** habite non loin. C’est une vieille femme charmante, bien qu’un peu étrange (du genre patte de lapin à la porte, miroirs recouverts, sauge brûlant régulièrement sur son palier…)

Notre première rencontre a été assez normale. Elle m’avait donné rendez-vous à 10h et avait chaleureusement souri en me voyant descendre de ma petite voiture. Son regard s’était attardé sur mes tatouages, mais rien d’inhabituel pour moi. Elle m’avait précédé à l’intérieur, se signant d’une croix, et avait esquissé une révérence discrète.

Palmarès annuel : les publications de 2021

Cette année, nous renouons avec une tradition qui avait été un peu délaissée, j'ai nommé le palmarès annuel des publications ! Si vous êtes un habitué des blogs, vous savez comment ça se passe, on vous propose de constituer votre top 10 des publications de Creepypasta from the Crypt ainsi que du Nécronomorial, et nous utiliserons ces réponses pour constituer les deux top 10 des publications les plus appréciées de l'année. Vous avez donc jusqu'au 31 janvier, 23h59, pour nous laisser vos tops sur le sondage suivant : https://forms.gle/8RJfWptG2axe9bAz9, les résultats seront publiés au mois de février ! Pour vous permettre de retrouver tous les textes facilement et de vous rafraîchir la mémoire, vous trouverez ci-après la totalité des 53 publications respectives des deux blogs. Merci à toutes les personnes qui participeront !

Résultats du sondage de décembre sur les publications de novembre et sondage de janvier sur les publications de décembre

Nous n'avons pas encore eu l'occasion de le faire dans une publication directe, toute l'équipe de Creepypasta from the Crypt ainsi que sa communauté de membres actifs (que vous pouvez retrouver sur Discord) vous souhaite une bonne et heureuse année 2022 ! Qu'elle soit remplie de ce que vous souhaitez et moins riche en événements difficiles (mais bon, un peu quand même, sinon nous n'aurons plus de fond de commerce). 
 
Comme tous les mois, nous vous proposons de retrouver les résultats du sondage mensuel, qui a été moins rempli que d'habitude (120 votes), mais c'est certainement à cause des vacances et aussi du double-système qui était un peu lourd à remplir. Pas d'inquiétude, nous repassons au format standard pour celui de ce mois-ci, les résultats ayant été peu ou prou identiques sur les deux méthodes et 86% d'entre vous préférant le vote par publication préférée ! Pour nous donner votre avis sur les publications de décembre, c'est par ici : https://forms.gle/y772D3QzwvriLpzY6 et pour les résultats du dernier sondage et nos réponses à vos commentaires, c'est juste en dessous !

Au soir d'une nuit éternelle


Temps de lecture : 13 minutes

Attention ! La lecture de ce texte est formellement déconseillée aux moins de 18 ans.

Avant de la rencontrer, cela faisait plusieurs années que je n’avais pas eu l’occasion d’avoir des rapports. Depuis que ma femme était décédée, il faut dire. Le cancer avait eu raison d’elle, et je ne savais pas comment passer au-delà du deuil. Chaque instant de mon existence me rappelait son rire, sa douceur, son odeur de jasmin et de lilas, qui depuis longtemps avait disparu de la chambre conjugale… Il ne restait que moi. Moi dans le silence, dans la solitude, dans un monde qui ne veut plus de ma présence.

Moi, Alain, je voulais me suicider.

Le Dernier Noël : chapitre 1, Le Grand Départ


Temps de lecture : 9 minutes

Il était une fois Noël, le dernier Noël. En l’an 3047, la dernière tribu respectant ce rite ancestral, la Fabrique, était mourante, habitée d’un mal inexorable qui rongeait chacun de ses membres. Personne ne connaissait l’origine de cette maladie. Chacun savait juste qu’il allait finir par en mourir, alors qu’il voyait ses proches périr les uns après les autres. L’année précédente, ils étaient plus de trois cents. Aujourd’hui, leur nombre était réduit à vingt-trois.

La cheffe attitrée, Herloak, âgée d’à peine deux cent quarante-six cycles, se désespérait de la situation, mais que pouvait-elle faire ? Les ancêtres avaient tout tenté : les sacrifices de glaks, les filtres de zhans, les danses de Cannes, les bonbons de Pier, les sucres rouges, les amputations, les différences de température, les remèdes antiques et nouveaux… Rien n’avait fonctionné, et ils étaient seuls. Il n’y avait pas d’autre civilisation à plus de deux cents kilomètres. Tous étaient destinés à mourir.

Sans dire un mot, Herloak regardait sa jeune sœur, Olik, couverte de taches jaunes, de moisissures épaisses et suppurantes qui poussaient grâce à sa chaleur et à son sang. Sa peau fiévreuse transpirait abondamment alors que son souffle erratique emplissait l’air d’un son rugueux et lugubre, révélant que les champignons avaient atteint ses poumons et les avaient envahis. Son visage, celui d’une jeune fille autrefois fort belle, était rongé par la faim. Cela faisait déjà deux semaines qu’elle ne pouvait plus rien avaler, comme les sporophores des fungi entravaient sa gorge. Mais ce n’était pas ce qui allait signer sa mort, non ; ce qui allait la tuer, c’était le moment où les mycotoxines allaient se déverser dans son cerveau déjà envahi par les spores, poussant les infectés à des crises de délire meurtrières.

Herloak elle-même était déjà touchée, comme tous les autres. Leur temps était compté et il ne leur restait que quelques jours. Mais alors que Noël approchait, la misérable cheffe espérait un dernier miracle. Tous vénéraient le Père Noël en ces lieux, cet être vêtu de rouge qui apportait des présents à tous les croyants qui prenaient soin de lui faire des sacrifices en lui offrant du lait de vac et des biscuits. Il descendait durant la nuit des célébrations et, alors que chacun restait dans son lit, déposait ses cadeaux en échange des dons de la populace.

Avant la maladie, la Fabrique était un lieu paisible, malgré l’Hiver éternel couvrant de neige toute la surface du globe. Les habitants étaient parvenus à faire pousser des cacaoyers, des amandiers, des marronniers… toutes les plantes nécessaires à la confection des bonbons, des gâteaux et des sucreries dans une grotte merveilleuse où se trouvait le village. Celle-ci était gigantesque et possédait différents microclimats en plus d’un sol riche, ainsi qu’un plafond orné de filons d’une roche multicolore : la nuit transformait la voûte en un ciel étoilé alors que le jour, une cheminée de lumière descendait d’une ouverture au centre du plafond. La neige y virevoltait en descendant et se déposait doucement sur le sapin de Noël gigantesque illuminé par des bougies éternelles. Scientifiquement, rien de tout cela ne pouvait fonctionner, les abricotiers ne pouvaient pousser auprès des bonbonniers à arlequins, mais ce lieu était né de la magie du souhait de plusieurs centaines de personnes. Certains disaient même qu’il s’agissait de l’apothéose du Père Noël, le sauveur de leur nation.

Malheureusement, Herloak ne savait pas s’il viendrait cette année. Leurs denrées s’étaient raréfiées. Les bêtes étaient mortes, touchées par le mal elles aussi. Rien n’échappait à la moisissure qui dévorait toute chose. Même la végétation se laissait petit à petit remplacer par des champignons immenses, rouges et sanguinolents. La cheffe déplorait la perte du dernier vanillier et du grand arbre à cannes. Alors pour le lait et les biscuits, il allait falloir innover.

Théa, sa seconde sœur, âgée de cent vingt-et-un cycles, pensait que peut-être il restait des vacs dans les terres désolées de Hylu, une grotte similaire à la leur qui était reliée à la Fabrique par un boyau. Et si son supérieur aurait normalement refusé, étant donné que la zone avait été condamnée pour des raisons inconnues depuis des décennies, il savait très bien qu’ils n’avaient pas d’autre choix. Surtout qu’avant d’être condamnée, Hylu était considérée comme les terres les plus verdoyantes de la Fabrique vu qu’elles abritaient leur plus grand jardin et leurs terres d’élevage. Seulement, étant donné qu’hormis Théa, Gerg le futé, Az le lard, Phéeal et lui-même, tous les autres avaient les poumons touchés, leur petite expédition risquait d’être fort périlleuse en territoire ennemi. Ils n’étaient que des enfants, à part sa propre personne qui sortait à peine de l’adolescence. Mais ce n’était peut-être pas mieux…

Rapidement, ils se mirent néanmoins à organiser leur opération. Nous étions le 4 Déméanbre, le 24 était donc dans vingt jours, ce qui devait être suffisant pour faire l’aller-retour jusqu’aux terres désolées de Hylu et finir de mettre en place l’arbre de Noël, qui nécessitait d’être décoré avec des guirlandes et des boules de verre, sinon le Père Noël passerait au-dessus d’eux sans même leur jeter un regard. Il fallait aussi choisir qui serait le vilain enfant, une tradition controversée par les ancêtres autrefois, mais aujourd’hui, ils n’avaient plus vraiment le choix.

Tous décidés, la fine équipe se prépara à partir dès l’aube, la gorge serrée à l’idée de voir pour la dernière fois certains de leurs proches, dans un état si pitoyable qu’il était évident qu’ils n’avaient qu’un jour ou deux à tenir. Ils décidèrent cependant que même s’ils étaient déjà en sous-nombre pour leur mission, Théa resterait afin de veiller sur les membres qui avaient le potentiel de tenir. Et puis, il fallait bien que quelqu’un serre leurs liens pour les empêcher de tout saccager dans une nouvelle crise de folie. C’était comme ça qu’ils avaient perdu le précédent chef. Celui-ci avait eu pitié d’une enfant de soixante-quatorze cycles et elle lui avait rendu ses bons sentiments en lui plantant un sucre d’orge dans la jugulaire.

Selon les coutumes, chacun avait déjà écrit sa lettre au Père Noël depuis le mois de Novéambre, alors ils étaient déjà tous mentalement prêts à partir, sachant que quoi qu’il puisse arriver, le Père Noël pourrait au moins saisir une trace de leurs existences afin de faire d’eux des lutins. C’était le but ultime de chacun des membres de la Fabrique : devenir un des assistants du Père Noël et fabriquer des vœux. Mais pour avoir la chance d’être lutin, la lettre ne suffisait pas ; il fallait savoir construire des jouets et avoir un comportement irréprochable. Seuls les bons étaient considérés par l’homme de l’hiver éternel.

Saisissant leurs manteaux verts et leurs écharpes rouges bariolées de motifs comme des sapins et des rennes, vêtus de leurs bottes brunes, de moufles jaunes et d’un bonnet vert avec un pompon blanc orné de grelots, la jeune petite troupe se prépara au grand départ. Il faisait chaud dans la Fabrique, or ils devaient atteindre le passage vers les terres désolées d’Hylu. Pour cela, ils devaient passer par les landes enneigées, une petite zone située au nord-est du sapin où se trouvaient les pistes de luge et où on pouvait faire des bonhommes de neige. C’était derrière que se trouvait l’entrée du boyau.

Équipés de lanternes à huile, de pics, de gourdes remplies de thé au sucre et de pain d’épice, ils étaient prêts, et alors que tous faisaient leurs au revoir, Herloak embrassa sa sœur et le reste des malades. Elle prit Théa dans ses bras, qui pleurait à chaudes larmes, et lui promit que ce Noël serait merveilleux, que tout le monde reviendrait et que les champignons disparaîtraient, comme elle l’avait souhaité dans sa lettre. Pleine d’espoir, sa jeune amie lui sourit et lui offrit des graines de cacao, quelque chose de rare dans cette terrible époque.

– Je les ai cueillis exprès pour faire les biscuits du Père Noël, ce sont les derniers. Je ne veux pas que tu m’oublies quoiqu’il puisse arriver, même le pire.

– Ça n’arrivera jamais, Théa, jamais.

Sur la route du départ, aucun membre du groupe ne se retourna, pas même Az le lard qui sanglotait bruyamment. Phéeal avait beau tenter de le réconforter alors qu’ils marchaient, rien ne semblait pouvoir le consoler. Et en même temps, il avait sans doute dit ses adieux à sa mère dont le cerveau parasité finissait d’être rongé. La bave aux lèvres, elle n’avait pas pu prononcer un seul mot à son fils.

Passant sous le sapin, tous regardèrent les lumières des bougies qui réconfortèrent momentanément leur cœur. Gerg eut un petit sourire malheureux et prit dans ses bras Az avant de reprendre une bonne allure derrière Herloak. L’enfant finit par sécher ses larmes et resta aux côtés de Phéeal, plus âgé que lui de trente cycles. N’importe qui aurait dit qu’une pareille troupe n’avait aucune chance de réussite. La plupart d’entre eux savaient à peine faire des roulés à la myrtille, mais la cheffe ne pouvait partir seule. Et les laisser auprès des malades risquait d’accélérer la prolifération des fungi dans leurs corps. Peut-être même que Théa… non, il ne fallait pas penser à cette possibilité.

Rapidement, ils passèrent les landes enneigées qu’ils connaissaient tous par cœur et arrivèrent au mur. Ils le longèrent jusqu'à trouver rapidement l’entrée du boyau qui était grande de cinq mètres de long et six mètres de haut. Les ancêtres l’avaient fermée par des planches et avaient écrit dessus : « Zone condamnée ».

Herloak frissonna. Quelque chose n’allait pas. Si les terres désolées d’Hylu avaient été barricadées, c’était pour une bonne raison. Même si Théa pensait qu’il y resterait des vacs comme c’était l’ancienne zone d’élevage, rien ne lui disait qu’il y en aurait vraiment.

Voyant son hésitation, Gerg lui mit une main sur l’épaule. « On ne peut pas reculer » voulait-il dire, car il le savait, mais son cœur rempli d’effroi battait si vite qu’il avait l’impression qu’un singe à timbales l’avait remplacé.

Sans plus attendre, Phéeal et Az sortirent leurs pics et décrochèrent une des planches qui céda un peu trop facilement au goût de Herloak. Mais elle les aida et en moins de dix minutes, ils se dégagèrent un passage suffisant pour pouvoir s’engouffrer dans les ténèbres.

– Il n’y a pas de pierres lumineuses ? s’écria Az, surpris, mais personne ne lui répondit. Tous contemplaient les profondeurs de l’inconnu, sauf Gerg qui examinait une des lattes.

– Quelqu’un est passé avant nous. Les clous sont tordus.

– Ce ne serait pas dû à la pose ? demanda Phéal.

– Non, ils ne seraient pas dans cet état sinon.

Ils se regardèrent les uns les autres, inquiets,. Avant qu’une froide panique ne s’installe, Herloak intervint.

– On doit trouver du lait. Si on n’en a pas, le Père Noël n’exaucera pas nos vœux et rien ne redeviendra comme avant. Qui sait pourquoi quelqu’un serait venu avant nous ? C’était peut-être un vilain enfant qui a voulu s’enfuir.

– Tu as raison, nous devons y aller, acquiesça Gerg.

– Est-ce que ça ne fait pas de nous des mauvais enfants ? s’enquit Az, il semblait bien pâle, mais Herloak se pressa de le rassurer.

– Tout ira bien. Nous faisons cela pour la bonne cause et nous savons que nous sommes bons. Le Père Noël sait tout et il ne nous en voudra pas.

Rassuré, Az hocha la tête et se serra contre Phéeal. Gerg lui sourit, et d’un mouvement de tête, demanda l’autorisation à la cheffe pour passer en premier alors qu’il allumait sa lanterne. Celle-ci lui fit un pouce vers le haut et il s’engouffra à l’intérieur, suivi par Phéeal et Az alors qu’Herloak passait en dernier, en profitant ainsi pour regarder une dernière fois l’arbre de Noël.

– Nous reviendrons, murmura-t-elle.

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Douce nuit, sinistre nuit


Temps de lecture : 1 minute

Par-delà les fenêtres aux mille couleurs,
Un blanc manteau réchauffe et apaise les cœurs.
En deçà des ruelles aux vives clameurs,
Un noir marteau s'échauffe et graisse la Terreur.

Les notes emplissent les rues, mélodie zélée,
Porteuses d'allégresse et de félicité.
Les hottes s'emplissent de pus, sous des cris fêlés,
Infectieuses prêtresses d'un culte oublié.

Et dans les chaumières, au pied du sapin,
Attendra comme naguère la venue du matin,
L'enfant qui en vous erre, revenant du lointain.

Et où est battu le fer, au fond du ravin,
Monteront de l'enfer un rebut et ses nains,
Engeances de misère, muant joies en chagrins.

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Plus jamais




Temps approximatif de lecture : 5 minutes

J'avais dix-sept ans quand elle est arrivée. Depuis tout ce temps, je vivais avec ma mère violente. Dix-sept longues et douloureuses années… Il était environ minuit, et ma mère s’était déjà endormie, quand trois coups ont doucement retenti sur la porte d’entrée. C’est moi qui suis allé répondre, et une petite fille à l'allure étrange se tenait là, les joues pâles et sans couleur, les cheveux blonds tressés, la robe rose déchirée à son ourlet, les pieds nus et légèrement bleuis à cause du froid de l'hiver, et les yeux noirs. Des yeux d'un noir profond et insondable. Je l'ai rapidement laissée entrer en pensant qu'elle était horriblement mal habillée pour la saison. Ce n'est que plus tard que je me suis demandé pourquoi elle ne frissonnait pas, ou même pourquoi elle était là en premier lieu. Afin d’envelopper sa petite silhouette dans un épais châle que ma grand-mère avait tricoté, je l'ai emmenée dans le salon. Elle l’a tenu sur ses épaules, bien que cela ne semblait pas l'affecter, et j'ai souri.

Lettre ouverte à l'assassin de ma fille


Temps de lecture : 2 minutes

Voici une lettre ouverte à l'assassin de Samantha B. Si tu arrives à lire ceci : où que tu sois, sache que je te retrouverai.

Aucun père ne devrait avoir à regarder son enfant s’enfoncer dans le silence sacré de la terre. Je ne sais pas s'il y a un bon âge pour mourir, mais je sais que ce n'est pas dix-sept ans.
Mieux vaut que ce soit à la naissance, avant que les yeux ne s'emplissent de lumière et que le parent n’ait appris à aimer si profondément son enfant. Mieux vaut tard dans la vieillesse, quand les joies fugaces de la vie ont été plus que goûtées. Mieux vaut ne pas mourir, dans le fond.
Mais un monde où les prières seraient exaucées est un monde où elles ne seraient pas nécessaires, et c'est un monde qui n'est pas le nôtre.

Résultats du sondage de novembre sur les publications d'octobre et sondage de décembre sur les publications de novembre

Comme tous les débuts de mois depuis quelque temps, nous revenons vers vous avec les résultats du dernier sondage que nous avons menés. Nous sommes très heureux de pouvoir vous annoncer que nous avons battu notre record absolu de participation pour le deuxième mois consécutif, avec cette fois 279 personnes ! Merci à vous tous, c'est grâce à vous que nous avons envie de continuer à faire ce que nous faisons, et même à faire beaucoup mieux. Bien sûr, avant de passer directement aux résultats, retrouvez le prochain sondage ici : https://forms.gle/zFgzrqmQUiu41dYJ6.

La maison sur la falaise


Temps de lecture : 9 minutes

Les planches pourrissaient, rongées par l’air de la mer empreint d’embruns, qui venait lécher les murs de la vieille bâtisse. Vieille et imposante, c’était une masse sombre et sans âge, s’élevant au bord de la falaise, surplombant les eaux noires de la baie. Ses fines vitres tremblaient de peur face aux rafales qui s’infiltraient par la moindre fissure, transformant les courants d’air en murmures glaçants. En d’anciens temps, le jardin avait sans doute été magnifique, entourant le bâtiment tel un écrin fleuri, un délicat tapis de verdure accueillant les visiteurs. Mais si tel en fut le cas, il ne restait aucune fleur pour en témoigner. Les arbres, silhouettes tordues et sèches, agitaient çà et là leurs corps amaigris au gré des souffles. Si le paysage n’invitait guère au voyage, le climat ne s’y prêtait pas plus. La falaise, et même plus généralement la côte tout entière, était battue par la pluie et par les vents plus de la moitié de l’année. Le soleil, qui peinait à percer l’épaisse couche de nuages noirs, ne se dévoilait complètement que très rarement. En bas des hauteurs surgissaient de l’eau trois énormes rocs, d’une teinte bleutée tirant sur le vert. Résistants aux assauts des vagues qui sans cesse s’écrasaient sur eux, les rochers étaient réputés pour attirer la foudre, et cela se vérifiait assez fréquemment. Ces événements ne manquaient pas de captiver les orphelins qui peuplaient les lieux.

Le danseur de minuit


Temps approximatif de lecture : 4 minutes. 

Avez-vous déjà eu l'impression que quelque chose n'allait pas ? Je ne parle pas en journée, non, mais en pleine nuit. Je vous parle de ce soudain sentiment d'effroi qui ne vient de nulle part et vous ordonne de vous réveiller. C'est drôle. C'est presque comme si le mal nocturne dégageait quelque chose que notre cerveau endormi pouvait percevoir. J'en vécu cette expérience récemment. Ça m’a réveillé à trois heures du matin Normalement, quand vous avez ce sentiment, vous restez allongé en feignant de dormir. Ou si vous vous sentez aventureux, vous faites un tour rapide dans la maison et après n'avoir rien découvert, vous vous rendormez inévitablement. C'est ce que j'aurais dû faire.

Un étrange appareil


Temps de lecture : 10 minutes

Mon nom est Erika Stanton. Vous devez comprendre pourquoi mon message est important.

Les textes suivants sont les retranscriptions de deux posts qu’un de mes amis nommé Alex Garvey a fait sur un forum de comics où nous passions du temps ensemble. Ces derniers ont été publiés sur l’une des sections « discussions générales » du site avant d’être supprimés peu de temps après. J’étais en train de répondre au second quand il a été enlevé, mais heureusement j’avais déjà copié-collé entièrement le texte avant qu’il ne disparaisse. J’ai décidé de vous le montrer tant il était étrange.

Les deux premières lignes viennent du premier post, j’ai fait de mon mieux pour m’en souvenir même si les mots ne sont peut-être pas tout à fait exacts.

« J’ai besoin de l’écrire.

– J’ai besoin de l’écrire avant que ça n’arrive. »

Mémoires blanches


Temps de lecture : 20 minutes

J’ai toujours pensé, malgré les efforts désespérés du destin pour me faire comprendre le contraire, que si j’aimais mes patients, cela ne pouvait leur être que bénéfique. Une personne seule, enfermée à longueur de journée entre quatre cloisons blanches, n’éprouve-t-elle pas, parfois, un besoin plus grand d'attention – les infirmiers et les médecins la lui refusant tout autant que ses proches ? J’ai été témoin du comportement du personnel envers les malades. Un regard blasé, une main levée intimant le silence, un dos tourné, un retour à l’éternelle paperasse. Nul ne semblait vraiment s’occuper des âmes tourmentées dont il avait la charge, sauf moi ! Enfin, je faisais de mon mieux. J’ai mis du temps à trouver une façon de soutenir tout ce petit monde, et je ne suis même pas encore certain d’y être parvenu. Après tout, ce n’est pas comme si je pouvais facilement manifester mon empathie.

Résultats du sondage d'octobre sur les publications d'août/septembre et sondage de novembre sur les publications d'octobre

Avec un poil de retard, nous vous dévoilons les résultats du dernier sondage mensuel qui comprenait les textes inédits des mois d'août et de septembre. Pour répondre dès maintenant à une question qui a été posée dans les commentaires, nous avons volontairement exclu les Déchronologies estivales car nous souhaitons, par l'intermédiaire de ces sondages, mieux comprendre ce que vous pensez des publications les plus récentes pour éventuellement nous adapter à ce que vous pouvez nous dire. Nous sommes par ailleurs heureux du nombre de participations, qui a battu tous les records pour atteindre 241 votes ! Un grand merci à vous, car cela nous aide beaucoup dans notre travail. Pour le nouveau sondage d'ailleurs, c'est par ici : https://forms.gle/UTChNzEY4K8AN1do7.