Le trouble intérieur

Je me sentais tourmenté,
Mon cœur était lourd et serré.

Ce trouble intérieur inexpugnable,
Il me contraignait et était palpable.

Une peur incontrôlable me pénétrait,
Tel un vent glacial qui en moi soufflait.

J'étais perdu et accablé,
De plus en plus de mal à respirer.

Ce trouble à l'intérieur de moi, totalement inexplicable.

Je me bats face à lui constamment,
Cela jusqu'à l'épuisement.

Un jour j'espère, j'en verrai la fin et peut-être même inconsciemment, mais enfin...


Auteure : AngeNoire, 1ère ex aequo sur le podium de la deuxième édition du concours de poèmes.

Un Nous qui dérange

Jamais je ne pourrai oublier
Cette nuit où nous nous sommes rencontrées.
Ses cheveux, ses yeux, sa voix,
Étaient tout simplement identiques à moi.

Ce fut comme me contempler dans un miroir
Mais soudainement, c'est une autre facette qu'il me fût permis de voir.
Un rendez-vous voué à me damner
Et me refuser tout ce qui est inné.

Espérer, aimer, vivre.
A l'instar d'une dépendance à l'absinthe,
Sa présence finalement m'enivre,
Mettant toute émotion hors d'atteinte.

Elle me montra que ne rien ressentir
Était plus douloureux que de souffrir.
C'est en voyant les jours défiler
Que je me rendis compte qu'avec elle, mon corps je devais partager.

Sa faim restait cependant insatiable,
Et partager seulement ne lui suffisait pas.
Elle s'emparait peu à peu de mon être et de moi,
De ce qui me restait de raisonnable.

La solution s'offrit à moi
Aussi limpide et pure que l'était mon âme.
« Si je ne peux me passer d'elle et s'il faut qu'elle me côtoie
Alors ne reste que la voie de la lame. »

Elles décidèrent donc de se donner la mort,
Ne pouvant trouver un commun accord.
Elle libéra ainsi le démon qui la tourmentait,
« Elle » parvint à ses fins en détruisant une autre vie désorientée.

Mais finalement, à qui revient le blâme ?
Faut-il condamner celle qui une vie s'est accaparée
Ou bien celle qui de sa propre vie n'a pas su s'emparer ?


Auteur : NightCrawler, 2ème sur le podium de la deuxième édition du concours de poèmes.

Sa dernière cicatrice


Lorsque le fils de Sarah est né, il avait plus de cicatrices que de peau. Ce nouveau né, encore rose, était caché sous de dures lignes argentées semblant le traverser de part et d’autre de lui-même. Les docteurs n’avaient pas d’explications. « Probablement une rare affection cutanée, mais ça parait assez inoffensif. Nous allons garder un œil sur lui au fur et à mesure de sa croissance. » 
C’est donc ce qu’ils firent.
C’était dur de le remarquer aux premiers abords. Une égratignure par-ci, une coupure par-là. Mais pour chaque blessure que le garçon se faisait, une autre cicatrice disparaissait. Le sillon sous ses lèvres disparut le jour où il s’éclata la tête contre la porte. Les marques de brûlures sur ses jambes s’évanouirent avec le café qui s’y était renversé. Avec le temps il atteint ses dix ans, son corps s’était tellement réparé qu’il ne restait presque plus aucune cicatrices. 
Mais il y en avait une qui refusait de s’effacer. Une marque irrégulière qui entourait son cou comme un nœud coulant, largement plus grosse que toutes les autres. C’était laid et disgracieux par rapport à sa peau nouvellement libérée et, d’une certaine manière, Sarah en était heureuse. 
Elle espérait que son fils garderait cette cicatrice pour longtemps, très longtemps.

Traduction de Undetermined.B