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Un marché équitable
Propagande par le fait
Mr. Smile
edilasyrhc aL
Maman dort dans la cave
La maladie de ma soeur
Les Fruits Défendus
Anatomie Divine (2) - Sharki
Le père Cooke, chapitre 4 : Un bon et joyeux Noël
Les Appalaches
Le grand homme de Briarbell
Le père Cooke, chapitre 3 : Je voudrais tenir ta main
Temps approximatif de lecture : 7 minutes
Là, le Magister Alexander s'est moqué de moi :
« Ça ne cessera jamais de m’amuser. »
Il a ramassé les pages trouvées sur Internet que j'avais imprimées et a commencé à les parcourir en secouant la tête.
« Si j'avais un dollar pour chaque sort d'invocation qui tourne au désastre, je pourrais prendre ma retraite immédiatement.
Apocalypse, chapitre 13 : L'Apocalypse
Chapitres précédents :
- Chapitre 1 : Prologue- Chapitre 2 : Gourmandise
- Chapitre 3 : Envie
- Chapitre 4 : Avarice
- Chapitre 5 : Orgueil
- Chapitre 6 : Colère
- Chapitre 7 : Luxure
- Chapitre 8 : Paresse
- Chapitre 9 : Famine
- Chapitre 10 : Guerre
- Chapitre 12 : Conquête
"[...] Quand la Famine, la Guerre, La Mort et la Conquête furent réunies, les clairons de l'Apocalypse sonnèrent, et ce fut le début de la fin de l'Homme. L'éternel est bon et miséricordieux, mais il donna le libre-arbitre à sa création pour la laisser seule maîtresse de son destin. Et, ce jour-là, ce dernier fut bien funeste..."
Troisième testament : l'Apocalypse de la Terre selon Noah, 6:2
Anatomie Divine (1) - Scolopendre éxomorphique
Temps approximatif de lecture : 4 minutes.
Il était 5 heures lorsque nous avons quitté le camp. Et malheureusement, j'avais dû utiliser un peu d'eau potable à cause des vents violents pour être sûr de pouvoir éteindre le feu. Mith était toujours malade, et j’essayais de garder autant de provisions que possible afin qu'elle guérisse au plus vite. Enfin, cela faisait maintenant deux jours que nous étions partis de la cité, or j'avais l'impression que notre exil avait débuté depuis des semaines. Au point que je ne pensais pas que notre squat miteux me manquerait. Et plus nous avancions, moins il était facile de respirer. J'avais l'impression que ces interminables dunes de cendres dansaient. De violentes bourrasques nous balayaient, nous forçant toujours un peu plus à nous emmitoufler dans nos écharpes. Puis le brouillard s'est levé subitement, me permettant de vérifier si mon chariot fonctionnait toujours correctement. C'est ainsi que je transportais Mith, ma fille, atteinte d'une paraplégie. Cet engin m'avait coûté jusqu'à mes dernières économies. Mais alors que je regardais devant moi, les quelques caravanes que je voyais au loin il y a encore cinq minutes étaient à présent cachées par une épaisse couche de cendres. Nous progressions à l'aveuglette, et mes jambes commençaient à souffrir.
Bonjour à toutes et à tous
Temps approximatif de lecture : 4 minutes.
Je vais directement rentrer dans le vif du sujet. Il faut que je m'en débarrasse. J'ai besoin que vous m'aidiez.
Les explications, tout d'abord. Je pense qu'il faut que vous compreniez la situation, sinon tout cela vous paraîtra bien trop étrange. J'habite dans une grande ville, dans un immeuble au sein d'un quartier plutôt calme. Mes relations avec mes voisins de palier sont courtoises (même si je dois avouer que ce ne sont pas des gens particulièrement intéressants) et il m'arrive occasionnellement de dîner avec certains d'entre eux. En clair, je menais une vie banale, travail, amis et dodo. Mais, comme vous vous en doutez, quelque chose s’est produit.
CFTC a 10 ans !
À occasion particulière, publication particulière. Le blog de Creepypasta From The Crypt a été ouvert il y a exactement 10 ans aujourd’hui. 10 ans ! Je ne sais pas si Rob Nukem, l’administrateur qui a créé le Blogger, ou Max le Fou, son prédécesseur qui a fait commencer l’aventure sur une simple page Facebook, se doutait que la communauté prendrait cette envergure et durerait aussi longtemps. En ce qui me concerne, je dois aussi dire que c’est une immense fierté de me trouver là et de rédiger ce message à cette occasion. J’ai rejoint CFTC à la fin de l’été 2013, et j’ai pris mes fonctions d’administrateur un peu avant l’été 2014, et je dois bien dire que, pendant les premières années, cette histoire d’anniversaire des 10 ans était un peu une blague. « Vous imaginez quand CFTC aura 10 ans ? »
Damnatio memoriae
Temps de lecture approximatif : < 1 minute
Des eaux grouillantes d'une mer de larmes et de regrets,
Je vis émerger une bête frappée d'anathème.
Et sous ses dix cornes sept têtes couronnées du péché,
Et sur ces sept têtes l'empreinte de noms de blasphème.
À la table du Roi
Temps de lecture approximatif : 2 minutes
On raconte souvent qu’autrefois, un Roi très puissant organisait chaque année un grand repas, auquel il conviait les personnages les plus illustres de son royaume.
Pour certains, être à la table du Roi durant ce repas était une consécration, l’objectif de toute une vie, démontrant à tous une réussite sociale certaine. Pour d’autres, il s’agissait de la plus fiable des garanties de devenir riche et influent. S’asseoir à la table du Roi était un privilège réputé inestimable, et, pour y accéder, la concurrence était féroce, mais, malheureusement, comme vous devez vous en douter, les places y étaient très limitées.
Neuf. C’était le nombre de sièges disponibles autour de la table du roi, une table ovale, teintée d’or et ornée des plus belles émeraudes du continent. Seulement neuf, dont un qui était, bien évidemment, réservé au Roi lui-même. Ainsi, sept autres étaient destinés à l’élite du royaume, ceux qui n’avaient cessé de briller et qui rayonnaient par leur puissance. Un avocat reconnu, un chef de la pègre comme un peintre émérite pouvait se voir réserver un siège.
Il ne restait donc qu’une place de libre, et le Roi, dans son immense bonté, la destinait à l’un de ses sujets, tiré au hasard dans les registres de naissance de tout le royaume.
Alors, à l’approche du tirage au sort, la table du Roi était dans tous les esprits, des villes les plus bourgeoises jusqu’aux bourgades les plus rurales. Il y avait bien quelques commérages concernant ce repas, mais si ces ragots avaient le don d’effrayer les moins téméraires, ils ne suffisaient guère à dissuader les gagnants de cette étrange loterie.
Et puis vint une année où c’est un enfant qui fut tiré au sort. Mais pas n’importe lequel, le plus misérable de tous les enfants. Celui-ci vivait à la campagne, dans un taudis que même les rats avaient déserté. Sa veuve de mère était une prostituée notoire de la région. Celle-ci, consciente de l'opportunité de son fils, utilisa l’entièreté de ses économies pour payer une voiture le menant à la capitale.
Bien sûr, l’enfant appréhendait le repas, mais il restait animé par un infaillible espoir, celui de sortir de la misère.
Arrivé au majestueux Palais Royal, il fut chaleureusement accueilli par les serviteurs. Mais l’enfant portait encore ses habits terreux, et on lui signifia qu’un bain lui ferait le plus grand bien. On l’emmena sans plus tarder à une magnifique baignoire. L'enfant ne put s’empêcher de l’admirer pendant quelques secondes, c’était la première fois qu’il en voyait une de cette forme, et de cette couleur.
Il s’y installa, l’eau chauffa rapidement. Quelle sensation incroyable ! L’enfant se détendait enfin, il profitait de chaque seconde passée dans ce bain. Jamais le garçon n’avait connu tel luxe. Il avait eu raison d’espérer.
À quelques pièces de là, dans la salle de réception, tous les autres convives étaient déjà installés. Mais étrangement, ce soir-là, autour de la table ovale, il n’y avait que huit sièges, et pas un de plus.
En effet, l’enfant n’avait pas besoin de siège, étant donné que sa place était sur la table elle-même.
Le garçonnet, aveuglé par sa pauvreté, avait pris la marmite pour une baignoire, et c'est ainsi qu'il cuisit.
Après ce funeste bain, le lardon fut cuisiné, puis dégusté par l'ensemble des invités. Ces derniers étaient très reconnaissants envers leur hôte de leur offrir, chaque année, un mets aussi rare, et cette année, aussi tendre.
Le garçon avait tout de même eu le privilège d'être à la table du Roi.
Texte de Sawsad
Le puits dans le jardin
Mon grand-père a grandi dans un élevage de poulets près de Cracovie, en Pologne. Il est décédé il y a plusieurs années maintenant, à l'âge de 82 ans. Mais quelques jours avant sa mort due à une forme agressive de cancer de l'estomac, il m'a fait asseoir à côté de lui dans son vieux rocking chair, et m'a dit avec son accent polonais si familier : « Tu sais... Après avoir pris le bateau pour New York, je me suis promis de laisser cette histoire derrière moi. »
Il n'a pas levé les yeux une seule fois pendant qu'il me parlait, fixant simplement sa tasse de café noir.
« Cela fait 70 ans et je dois absolument en parler à quelqu'un avant de rencontrer Dieu.
« Ainsi suis-je né dans une petite ville pittoresque et vide, qui tenait toujours malgré l'occupation des Nazis. Nous vivions dans une maison de ferme avec deux chambres à coucher, mon père, ma mère, mes frères Michal et Igor, et moi. Je suis désolé que tu n'aies jamais pu rencontrer l'un d'entre eux.
« Quoi qu'il en soit, Michal et Igor étaient des jumeaux totalement identiques, et nous avions entendu des rumeurs par rapport à la fascination des Nazis pour les cas comme eux. Cela nous a poussés à être encore plus vigilants et réservés, même si nous vivions déjà dans un coin reculé de la campagne, à l'intérieur de la dernière maison habitée de la ville. D’ailleurs, pour éviter d'aller dans les villes occupées des alentours, nous ne mangions que du poulet et des œufs de notre élevage à chaque repas, ainsi que tout ce que maman pouvait ramasser d’autre dans le jardin. Nous étions complètement seuls, mais nous survivions.
« La chose la plus difficile pour moi était le fait que je devais dormir dans la cave. Car Michal et Igor étaient encore des enfants en bas âge, et ils avaient besoin de l'attention constante de nos parents. Ctte cave, elle était froide et avait seulement une toute petite fenêtre où passait le clair de lune, seule lumière que j’avais comme je n’avais pas de bougie. C'est la raison pour laquelle je retardais toujours le moment d'y descendre et que j'attendais à chaque fois d'être complètement épuisé afin de ne pas devoir y rester allongé éveillé. Les nuits où je n'arrivais pas à dormir, je me levais malgré tout et regardais par cette toute petite fenêtre qui me donnait une vue sur le jardin et le grand puits abandonné qui y était. C'était ma principale activité lors de ces nuits solitaires hantées par la guerre. En général, c'était ennuyeux et il ne se passait pas grand-chose, mais il m'arrivait quelquefois d'apercevoir une famille, un homme seul ou même deux amoureux, se faufilant dans notre jardin pour atteindre notre porte d'entrée. Ils avaient toujours l'air pressés, effrayés et ils portaient souvent des uniformes en lambeaux. Leur arrivée était toujours suivie d’horribles bruits de coups sur la porte et de complaintes pour que nous acceptions d'ouvrir. À chaque fois, cela causait une dispute entre mon père et ma mère pour savoir si nous devions les laisser entrer ou non. »
Il a bougé pour se mettre au fond du rocking chair.
« Tu vois mon garçon, nous ne savions pas... JE ne savais pas que nous vivions assez près du camp d'Auschwitz et que ces gens étaient des évadés.
– Et tes parents les ont laissé entrer !? ai-je demandé avec impatience.
– Non, a-t-il dit. Cela aurait valu une condamnation à mort pour eux comme pour nous. Les Nazis n'aimaient pas les Polonais, mais ils nous toléraient et il était plus facile de cacher Michal et Igor que tout un groupe d'évadés. Mon père a fait ce qu'il devait faire pour maintenir sa famille en vie. Au fur et à mesure que la guerre avançait, de moins en moins de gens se sont pointés au milieu de la nuit. Mais c’est durant cette période que nos poulets et nos légumes ont commencé à disparaître. Perdre notre seule réserve de nourriture n'était pas tolérable et à ce moment-là, mon père a soupçonné les évadés, alors il a installé une clôture autour de notre propriété. Malgré cela, les poulets ont continué à disparaître. Ils n’étaient pas tués, ils disparaissaient juste. Ils se volatilisaient de leurs cages et de leurs enclos.
« Une nuit, j'ai décidé de rester éveillé pour voir si je pouvais trouver une réponse. J'ai lutté contre la fatigue jusqu'au petit matin et malgré le peu de lumière et la pluie, j'ai aperçu ce qui semblait être une silhouette humaine courir dans le jardin. Je me suis précipité à l'étage pour le dire à mon père et il a couru dehors avec un couteau, la meilleure arme de défense que nous pouvions nous permettre, mais nous n'avons rien trouvé. Personne.
« Mais le lendemain, nous avons trouvé quelque chose. Des empreintes de pas. Elles menaient des enclos à poulets au puits. Elles avaient été faites dans la boue humide et venaient de pieds nus. Pas de chaussures. Pas de chaussettes. Juste des pieds. Mon père a eu pitié de cette personne qui devait chercher refuge et lui a laissé un mot, indiquant qu'elle avait deux jours pour partir et qu'ensuite il commencerait à sceller le puits. »
J'attendais avec impatience que mon grand-père me raconte ce qu'était devenue cette personne.
« La nuit suivante, j'ai eu l'idée d'apporter une couverture dans le puits car l'hiver s'installait. J'ai attendu que mes parents soient endormis et je me suis faufilé dehors. J'ai crié quelque chose d'amical en direction du trou, indiquant à cette pauvre personne que mes intentions étaient pacifiques, et j'ai commencé ma descente en m'accrochant aux chevilles fixées aux pierres. En me rapprochant du fond, j'ai senti une odeur absolument atroce, alors j'ai sorti la lanterne de mon père qui était dans ma poche pour essayer d'éclairer. C'est là que je me suis rendu compte de la profondeur du puits qui, dans le passé, était utilisé pour approvisionner en eau toute la ville et les familles qui y habitaient. Des familles qui n'étaient plus là.
« J'ai seulement trouvé un tunnel. Un tunnel creusé dans la pierre, là où la paroi du puits était effondrée, ouvrant sur une sorte de crevasse de seulement deux mètres de largeur et trois mètres de profondeur et de hauteur. À l'intérieur, il n'y avait pas une seule personne, mais toute une famille, dont une seule "créature" squelettique avait survécu. La lumière se reflétait sur ses yeux enfoncés et sa peau grise. Du sang couvrait son visage et des carcasses de poulets étaient éparpillées partout autour d'elle. Il y avait un tas de volailles en décomposition à côté d'une femme et de ce que je soupçonnais être son fils et sa fille, des enfants qui ne devaient pas avoir beaucoup plus de cinq ans. Ils semblaient être morts depuis des semaines. L'homme, si l’on pouvait toujours l'appeler ainsi, a juste regardé la lumière et je lui ai rendu son regard, incapable de le quitter des yeux. Je ne me sentais pas menacé par lui, car il n'avait aucune agressivité. Il s'est simplement accroupi, immobile, sans bruit, à côté des corps en décomposition de ses proches et des poulets qui devaient être sa source d’eau, étant donné que leur chair n’avait pas été mangée.
« Il semblait vide, dépourvu de tout ce qui fait de nous des êtres humains. Il aurait dû se rendre compte que les membres de sa famille étaient morts depuis longtemps, et pourtant, il apportait toujours de la nourriture à leurs cadavres. Il ne pouvait pas accepter la réalité. Il a fini par tourner la tête quand j'ai dirigé la lumière vers le corps de sa fille. Il l'a regardée fixement, puis s'est assis plus près d'elle et a continué à la veiller.
« "Vous pouvez partir maintenant, lui ai-je dit. Je vais aller ouvrir le portail pour que vous puissiez vous échapper et mon père scellera le puits au matin. S'il vous plaît, partez maintenant." Mais maa voix et mes supplications semblaient n'avoir aucun effet sur lui.
« À ce moment j'ai décidé qu'il valait mieux que je remonte du puits et que je parte, en espérant que l'homme me suivrait et ferait de même. En commençant mon ascension, je l'ai éclairé une dernière fois.
– Qu'as-tu vu, grand-père ? ai-je dit à voix basse.
– J'ai vu une larme couler de son œil. Il était redevenu un homme. Il n'a pu se libérer qu'après avoir vu le cadavre de sa fille, jusqu'alors caché dans l'obscurité. Il a alors réalisé qu'il avait apporté de la nourriture non pas à sa famille, mais à des morts.
« Cette nuit-là, il a encore plu, mais au matin, quand mon père est sorti pour sceller le puits, nous n'avons trouvé aucune trace de pas. »
L'auteur de ce texte est anonyme.
Ingen Steder
Temps approximatif de lecture : 15 minutes.
Les histoires sont des choses étranges, des œuvres de l'esprit destinées à divertir ou faire ressentir une série d'émotions à un public en manque. Ceux qui en racontent, de ce point de vue, ne sont-ils que de vulgaires dealers ? Et quel en est donc le prix à payer ? On le sait bien, nulle drogue n'est gratuite. Je suppose que cela dépend, dépend de celui qui raconte. Enfin, connaissez-vous l'histoire d'Ingen Steder ? Eux non plus, je vous rassure.


















