Apocalypse - Chapitre 3 : Envie

Cela faisait maintenant plusieurs jours que nous étions rentrés de Chine. Les événements auxquels nous avions assistés étaient encore bien présents dans nos esprits, surtout chez le père Jean, qui ne parlait désormais plus que pour prier. Le professeur, quant a lui, semblait étrangement excité par la tournure des événements. J'avais l'impression que pour lui, le fait d'avoir prouvé qu'il avait raison et que tout était vrai était bien plus important que le destin de l'humanité. Il regardait ses mails tous les quart d'heure, espérant que quelqu'un le contacte pour l'envoyer sur les traces d'un autre phénomène paranormal à travers le monde.

Quant a moi, je n'avais pas non plus fait grand-chose depuis que nous étions rentrés, mis à part passer mes journées à scruter un écran de télévision. Ce dont j'avais été témoin aurait bouleversé n'importe qui, mais, pour ma part, je ne ressentais quasiment rien. Comme si j'étais habitué à voir ce genre de chose, alors que ce n’était pas du tout le cas. J'avais lu quelque part que certaines personnes ayant assisté à un spectacle traumatisant y auraient développé une résistance particulière. Leur cerveau, afin de se préserver, aurait désactivé la peur, la tristesse, l'angoisse... Plus rien ne pouvait les choquer. Qui sait, c'était peut être ce qu'il m’était arrivé.

Pendant que le professeur consultait sa messagerie pour la 94eme fois aujourd'hui, une émission qui passait à la télé a capté mon attention. Elle parlait de conquête spatiale.

Un milliardaire, passionné par l'espace, avait fait construire un gigantesque vaisseau, afin d'aller sur Mars. Il avait commencé un immense casting, afin de réunir des personnes venant de chaque coins du monde, pour ensuite partir à la conquête de la planète rouge. Je me suis alors dit qu'il s’agissait d'un caprice de milliardaire, mais au vu de la situation actuelle et ce que je savais sur l'avenir de notre chère planète bleue, son caprice n’étais pas si bête que ça. A peine avais-je éteint la télé que j'ai entendu un cri venant de la chambre du professeur. Il avait enfin reçu un mail lui indiquant notre prochaine destination : L’Afghanistan.

Ce n’était pas un pays ou j'avais prévu de séjourner un jour, mais tant que ça nous permettait de sortir de cet appartement miteux, j'aurais été près à aller n'importe où. Le professeur, surexcité, était sur les chapeau de roues, si bien que je n'ai pu le questionner qu'une fois installé dans l'avion.

«Alors, professeur, qu'allons nous faire en Afghanistan ? J'imagine que vos contact ont trouvé quelque chose en rapport avec les péchés capitaux ? »
- Tout juste ! Selon les maigres informations qui m'ont été données, depuis la découverte d'une pierre portant des symboles inconnus, la partie Est du pays serait en proie au chaos. Des bagarres éclatent un peu partout autour de l'endroit ou a été trouvée la pierre. Certaines se solderaient même par la mort... En conséquence, les gens fuient cet endroit, et ceux qui persistent à y rester sont très prudents, surtout avec les étrangers.
- Ce n'est pas un peu dangereux ? Vous avez bien vu ce qui nous est arrivé au Tibet ! Et si cette pierre nous rendait fous nous aussi ?
- Tu as tout à fait raison, c'est pour cela que j'ai demandé de l'aide au Vatican à propos de ça. Ils m'ont dit qu'ils avaient une solution à nous proposer. Elle nous attendra à notre arrivée à Kaboul.»

Le voyage s'est passé sans encombre, puisque j'ai dormi tout le long. Il semblerait effectivement que les sièges d'un avion soient plus confortables que notre appartement moisi. Notre mission était importante, pourtant les fonds qui nous étaient alloués par le Vatican étaient bien dérisoires.

Une fois arrivé à Kaboul, j'ai immédiatement été interloqué par le tumulte qui régnait dans l'aéroport. Il y avait énormément de monde, ils semblaient plus ou moins tous chercher un vol pour quitter le pays. D'une certaine façon, cela contrastait avec notre avion, qui lui était pratiquement vide. Si tout le monde cherche à quitter le pays, et que personne ne vient le visiter, c'est vraiment qu'il doit y avoir un souci sur le territoire afghan. Je veux dire, le pays n'a jamais été une destination de rêve, a cause des nombreuses guerres qui y ont lieu, mais je pense qu'il doit quand même recevoir un certain nombre de touristes, encore plus dans une grande ville comme Kaboul.

Cependant, ma rêverie n'a pas duré longtemps. A peine me suis-je perdu dans mes pensées qu'un homme m'a bousculé en s'emparant de ma valise, avant de prendre la fuite. Sorti de mon intense réflexion, je n'ai pas capté tout de suite, mais quelque chose clochait : il courait anormalement vite, et ce malgré la lourde charge qu'il portait maintenant avec lui. Ma valise contenait tous mes vêtements, mon ordinateur, et quelques objets de toilette. Mine de rien, cela pesait quand même son poids.

Mais l'homme filait quand même à toute allure, ma valise dans les mains. Il semblait comme possédé. Il serrait mon bagage comme s'il s'agissait de son bien le plus précieux. Je n’étais pas mauvais à la course, j'avais fait un peu de cross étant plus jeune, mais j'étais incapable de le rattraper. J'étais sur le point d'abandonner l'idée de revoir un jour mes affaires quand un autre homme est passé a côté de moi en courant. En apparence, il s'agissait d'un occidental à la carrure sportive, qui poursuivait le voleur à toute allure. Malgré la vitesse folle de celui-ci, il a réussi à le rattraper et à récupérer ma valise. Il est revenu vers moi, mon bagage à la main.

Pour ma part, j'étais en train de cracher mes poumons, alors que je n'avais couru que deux minutes. Lui, au contraire, ne semblait même pas essoufflé.

"Tiens, voici tes affaires. Fais attention, ces temps ci, il y a énormément de vols par ici."

Il m'avait parlé en français, non sans un accent prononcé. Mais comment diable savait-t-il que j'étais français ? Ce n’était pas marqué sur mon front. Le professeur, qui s'était approché, n'a pas tardé à dissiper mes doutes :

"Ah, je vois que tu as rencontré notre envoyé du Vatican. Voici Enzo, il est venu nous apporter la fameuse solution qui nous permettra de ne pas subir les effets des reliques des péchés capitaux.
- Bonjour professeur. Heureux de vous rencontrer. Bien, le chauffeur nous attend, nous parlerons en cours de route. Suivez-moi, et faites attention à vos affaires !" a-t-il dit en me regardant, non sans un léger sourire."

Ainsi, nous nous nous sommes rendus sur le parking de l'aéroport, ou nous attendait une vieille voiture, ainsi que son chauffeur, que l'on devinait facilement être un autochtone. Il fumait une cigarette en nous attendant, et, au vu des mégots qui jonchaient le sol, ce n’était pas la première. Enzo a alors demandé au chauffeur, en anglais, de nous déposer le plus près possible de l'endroit où  se trouvait la pierre.Une fois tous assis dans le véhicule et nos ceintures bouclées, il a commencé à nous expliquer la situation.

"Je me suis renseigné auprès des habitants de Kaboul, et ce qui se passe ici est assez incroyable. Depuis que la pierre a été trouvée, la criminalité du pays a augmenté en flèche. Surtout au niveau des vols ! Et ce n'est pas que des objets de valeurs qui sont volés. L'autre jour, un homme a été tué pour son briquet ! Le monde devient fou...
- L’Afghanistan a toujours été un pays dangereux. Le peuple doit être oppressé par ces guerres constantes... Ça ne m'étonne pas qu'il y ai des vols... a répondu le professeur.
- Certes, a rétorqué Enzo. Mais, comme l'a aussi vu notre jeune ami ici présent, lorsque les voleurs accomplissent leur larcins, ils semblent être possédés par quelque chose. Il n'ont d'yeux que pour leur butin. Quand j'ai récupéré la valise, le voleur la serait si fort que j'ai du le frapper pour qu'il lâche prise. Les voleurs agissent comme Gollum avec l'anneau unique, si vous me permettez cette référence.
- C'est peut être la pierre qui cause tout ce tumulte. Cela ressemble beaucoup au péché de l'Envie...  Après tout, nous sommes là pour vérifier si tel est le cas. A ce propos, pouvez vous-nous montrer ce que le Vatican nous envoie pour contrer les effets des péchés capitaux ?
- Ah, oui, vous allez voir, c'est assez difficile à croire."

Enzo a alors sorti une valise de sous la banquette. Il l'a ouverte, laissant apparaître 4 anneaux en bois, sculptés de façon assez sommaire. Il en a donné un à chacun, puis nous a révélé leur nature :

"Alors, accrochez-vous bien. Ces anneaux on été sculptés avec des bouts de bois provenant de l'Arche d'alliance !"

Les yeux du père Jean se sont écarquillés. Lui qui n'avait pas prononcé un mot depuis notre arrivée s'était vu offrir une vigueur renouvelée.

"Vous avez l'Arche d'Alliance ! Santo Deus... Cela veux dire que vous avez également...
- Non, l'a coupé Enzo. Malheureusement, nous ne possédons que l'Arche. Nous n'avons pas trouvé les tablettes des 10 commandements dedans. Cela dit, elle s'est tout de même révélée très utile. Voyez-vous, elle a contenu la parole de Dieu, par conséquent, il n'y a pas d'endroit plus saint que son intérieur. Nous en avons donc déduit qu'elle pouvait contenir le pouvoir maléfique des 7 reliques. Le bol que vous avez vu au Tibet est déjà à l’intérieur, et, pour l'instant, il n'y a encore personne qui a vu sa faim grandir a proximité de l'arche.
- Mais, attendez, si cela marche vraiment, pourquoi n'avez-vous pas envoyé directement l'Arche ici pour récupérer cette pierre, source de tant de maux ? ai-je je demandé.
- C'est une bonne question, a répondu Enzo. Mais tu crois bien qu'une chose aussi sacrée, on ne la transporte pas de droite à gauche comme ça aussi facilement. Il faut vraiment que l'apparition d'une relique liée aux péchés capitaux soit confirmée. Et c'est pour cette raison que vous êtes ici. Si cette pierre est effectivement une relique des péchés, le Vatican viendra la récupérer aussitôt.
- Et ces anneaux portent en eux une partie du pouvoir de l'arche, c'est bien ça ? s'est enquit le professeur.
- Tout a fait, a répondu Enzo. Ils ne vous immunisent pas indéfiniment contre le pouvoir des reliques, mais ça devrait être assez pour que vous puissiez mener à bien votre mission.
- Mais comment se fait-il que personne ne soit au courant ? C'est un sacré secret ! D'ailleurs, vous nous le révélez comme ça... Qui vous dit qu'on ne vas pas vendre la mèche ? ai-je demandé, étonné par cet excès de confiance.
- Le Vatican a de nombreux secrets. Vous seriez surpris. Je vous ai parlé de l'Arche car de toute façon, au vu de votre mission, vous serez amenés à la voir tôt ou tard. Par rapport au fait de « vendre la mèche » , vous ne seriez pas les premiers à prétendre que l'Arche d'Alliance existe. D'autres ont essayé d'en parler, et personne ne les a jamais cru. Je ne vois pas comment vous pourrez prouver vos dire. Et pour ce qui est du chauffeur, il ne comprend pas un seul mot de français, j'ai déjà fait appel à lui par le passé."

Nous avions tous enfilé nos anneaux, pendant qu'Enzo demandait au chauffeur de s’arrêter dans la prochaine rue.

"Je n'ai pas eu le temps de vous remercier, Enzo, pour avoir récupéré ma valise. Vous avez une vitesse et une endurance bien supérieure à la mienne, je dois l'avouer.
- Ce n'est rien, ne t'en fais pas pour ça. Et puis, j'essaie de garder la forme et d'entretenir mon corps du mieux que je peux. Je ne peux t'encourager qu'à faire de même, une ou deux heures de cardio par jour, ce n'est pas la mer à boire !", a-il répondu, sarcastique, alors que notre voiture s'arrêtait sur le bas côté.

Alors que nous nous préparions à sortir de la voiture, un groupe de personne s'était approché de nous. Ils avaient le même regard vide que le voleur de l'aéroport. J'avais un très mauvais pressentiment sur ce qui allait se passer si nous restions là, et je n’étais visiblement pas le seul car Enzo nous à ordonné de remonter dans la voiture à toute vitesse, avant de demander au chauffeur de redémarrer le plus vite possible.

Notre intuition était la bonne, car ce groupe d'individus s’est violemment jeté sur la voiture, essayant de briser les vitres pour nous atteindre. Pire, certains ont même tenté d'arracher les rétroviseurs pour les emporter avec eux. Le chauffeur n'a réussi à les semer qu'au bout de quelques minutes, car non seulement ils couraient très vite, mais la voiture n’étais pas toute jeune et avait eu du mal à les distancer.

Finalement, nous sommes arrivés devant ce qui semblait être un musée de Minéralogie et de Géologie. Enzo a demandé au chauffeur de rester dans la voiture, avant de nous dire que nous étions arrivé à destination. La pierre était sans doute là.

Nous sommes entrés, nous attendant à découvrir l'intérieur classique d'un musée de ce genre... jusqu'à voir le sol jonché de cadavres qui s'offrait à nous. Ils étaient tous nus, probablement dépouillés de tous leur biens, et, visiblement, ils avaient été battus à mort. Il n'y avait plus ni pierres ni cristaux dans le musée, qui avait été complètement pillé. Enfin, il restait quand même quelque chose, une pierre, qui trônait au milieu de la salle.

Je me suis légèrement approché, et ai constaté qu'elle était effectivement couverte de symboles méconnus. Je n'en avais jamais encore vu de tels. Le professeur et moi nous sommes tournés vers notre expert, guettant sa réaction, se demandant s'il avait remarqué quelque chose. Et, au vu de son expression, c’était le cas.

"C'est... C'est la marque de Caïn ! Cela veux dire que cette pierre est... Meu Deus. Je suis stupide, nous sommes en Terre de Nod, j'aurais du l'avoir deviné depuis longtemps !
- Caïn ? Terre de Nod ? Pouvez vous être un peu plus explicite, mon père ? a demandé le professeur.
- Tout s'explique. Vous aviez raison, professeur. Cette pierre... elle représente le péché de L'envie... Elle représente... La jalousie originelle ! Vous voyez, Adam et Eve ont eu plusieurs enfants, dont l’aîné était Caïn. Il cultivait la terre, alors que son frère, Abel, était le gardien d'un troupeau de moutons. Lorsqu'ils eurent à faire une offrande à Dieu, chacun offrit ce qu'il avait de meilleur. Mais Dieu préféra l’offrande d'Abel. Caïn, fou de jalousie, tua son frère à l'aide d'une pierre. Celle-là même que vous voyez ici. C'est le premier meurtre, et la première fois qu'un être humain éprouva de la jalousie envers un autre... L'envie originelle.
- Mais comment pouvez vous savoir qu'il s'agit la de la pierre qu'a utilisé Caïn pour tuer son frère ? avais je demandé.
- Et bien, après qu'il ait assassiné son frère, Caïn fut banni par Dieu, et il rejoint la Terre de Nod... qui se situe ici même, en Afghanistan. Pour qu'il se rappelle pour toujours de son méfait, Dieu marqua Caïn d'un symbole. Et aussi l'arme du crime, comme nous pouvons le constater. "

Le prêtre s’était éloigné de la pierre.

"J'en ai vu plus qu'assez. Il faut mettre cette relique à l'abri, avant qu'elle ne fasse davantage de dégâts
- Je pense que c'est trop tard, a répondu Enzo, d'une voix apeurée."

Pendant que le prêtre nous parlait, une petite troupe s'était formée autour de nous. Nous étions encerclés par ces êtres fous de jalousie, et nous allions sûrement finir comme ces corps inertes qui jonchaient le sol. Ces mêmes corps qui m'avaient donnée une idée, idée qui allait peut-être permettre de survivre à cette situation critique.

"Que tout le monde se mette nu !" ai-je crié.

Ils m'ont alors tous regardé comme si j'avais perdu la tête.

"Faites-moi confiance. Si nous n'avons sur nous rien à voler, peut-être qu'ils nous laisseront tranquilles. Ça vaut le coup d'essayer !".

C'était peut être une idée farfelue, mais c’était la seule chance que nous avions. Nous nous sommes tous déshabillés et avons jeté nos affaires sur le sol. Le groupe qui nous encerclait s'est empressé de se jeter dessus, avant de disparaître aussi vite qu'ils étaient venus.

Ça avait marché. Nous avions perdu notre dignité, mais, au moins, nous étions vivants.

Alors que nous nous dirigions vers la sortie, le chauffeur était apparu devant nous. Il avait les yeux vides, comme les autres. Il avait fini lui aussi par succomber à la folie.
Enzo nous a regardé, ne sachant trop que faire, puis a haussé les épaules et nous a fait signe de le suivre :

"Nous sommes nus comme des vers. Il n'y a rien qu'il puisse nous voler, il ne nous fera pas de mal. Allons-nous en, que je puisse informer le Vatican de nos découvertes."

Il avait tort. Il avait encore quelque chose qui pouvait intéresser le chauffeur. Ce même chauffeur qui n'avait pas arrêter de fumer depuis l'aéroport. Et, au vu de sa toux persistante, il devait fumer comme ça depuis des années. Ses poumons devaient être dans un sale état... Tout le contraire de l'athlétique Enzo, qui fait 2 heures de cardio par jour.
Ses poumons devaient être en très bon état... Et, comme il en avait parlé dans la voiture, le chauffeur le savait. Et il ne voulait plus qu'une chose : se les approprier.
Avant que nous ne puissions bouger, le chauffeur avait déjà planté un couteau dans le ventre d'Enzo, qui ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait. il lui a alors ouvert le ventre, avant de plonger ses mains dedans, et de chercher à l’intérieur.

Nous étions tétanisés devant un tel spectacle. Le chauffeur a finalement trouvé ce qu'il cherchait. D'un coup sec, il extirpa un poumon, puis l'autre, du ventre d'Enzo, qui était toujours vivant. Ses boyaux étaient tombés sur sol. Il nous a alors jeté un dernier regard, avant de s'écrouler par terre, dans une mare de sang.

Le chauffeur tenait les poumons d'Enzo dans ses mains, et les levait au ciel. Il avait l'air d'être l'homme le plus heureux de la terre. Puis, il les a serré dans ses bras, comme si c'était un poupon.
Il fallait que nous en profitions pour partir, mais il était devant la sortie, et il avait un couteau. C’était très risqué de passer a coté de lui comme ça. Il fallait que quelqu'un fasse quelque chose.
Le professeur était horrifié par ce spectacle, et ne semblait pas apte à débloquer la situation. Le père Jean était trop occupé à faire des signes de croix en marmonnant des prières en portugais. Il ne restait plus que moi. Il fallait que je trouve quelque chose pour mettre le chauffeur hors d'état de nuire. Et j'avais ce qu'il fallait à proximité.

Je me suis saisi de la pierre, avant de m'approcher du chauffeur par derrière, et, pendant qu'il était toujours occupé à se frotter contre les poumons ensanglantés d'Enzo, j'ai mobilisé mes ressources avant de lui porter un coup sur le crâne.
Sans avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il s'est écroulé. Je n'avait pas mis toute ma force dans le coup, mais un peu de sang s'écoulait de sa blessure. J'ai jeté la pierre au sol et nous sommes tous parti vers la voiture.
Je ne l'avais pas réalisé jusqu'à lors, mais c'était la deuxième fois que cette pierre était utilisée en tant qu'arme. Cette pierre, qui était autrefois recouverte du sang d'Abel, était maintenant teintée du sang d'un chauffeur afghan. Alors que je devait peut-être craindre un châtiment semblable à celui de Caïn, je ne ressentais toujours rien.
Nous avons ensuite roulé jusqu'à Kaboul. Là-bas, nous nous sommes habillés avec les vêtements qui étaient dans nos valise, et le professeur a pu joindre le Vatican pour leur faire un rapport, non sans oublier le destin funeste qu'avait rencontré Enzo.

Le lendemain, la délégation du Vatican était sur place. Nous les avons guidés vers l'endroit où se trouvait la pierre, mais aussi le cadavre mutilé du pauvre Enzo. Ils ont prit soin de récupérer son corps pour le rapatrier en Italie, où il aurait droit a des funérailles décentes.

Nous avons également pu assister au moment où la pierre a été entreposée dans l'Arche d'Alliance. L'Arche n'était pas du tout comme je l'imaginais. J'avais en tête l'image de L'arche qui apparaissait dans le film, "Indiana Jones et les aventuriers de l'Arche perdue", mais ce que j'avais en face de moi a eu tôt fait d’éclipser cette image idyllique. Ce n'était qu'une vulgaire caisse en bois. Les agents du Vatican m'avaient alors expliqué qu'elle était à la base recouverte d'or, mais que celui-ci avait été pillé, ne laissant que l'armature de bois. Malgré les années, celle-ci n'avait pas pris  une ride. Un vrai miracle, mais, après tout, c'était une relique, touchée par le divin.

La délégation était ensuite repartie avec l'Arche, contenant maintenant le bol de la gourmandise et la pierre de l'envie. Quelques jours après, le pays était revenu à son état habituel.  Les émeutes et les agressions étaient toujours d'actualité, mais bien moins présentes et violentes.

Après cela, nous avons repris l'avion pour Paris, pour retrouver tout le confort de l'appartement miteux ou nous avions déjà séjourné précédemment. C'était la deuxième fois en un mois que je voyais quelqu'un mourir sous mes yeux, et pourtant, comme au Tibet, je ne ressentais rien. Le professeur et le prêtre étaient, quant a eux, bouleversés. Mais notre mission passait avant nos ressentiments, et il fallait continuer.
Il fallait maintenant attendre que le Vatican nous envoie sur la piste d'un autre péché.

En attendant, j'étais reparti pour passer mes journées devant la télé, espérant qu'il y ai moins de cadavres lors de notre prochaine aventure.

Texte de Kamus

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Note de l'auteur : On nous demande souvent pourquoi on met autant de temps pour sortir les chapitres de cette saga, la réponse est toute simple : Lorsque qu'un chapitre est publié, le suivant n'est pas encore écrit. Je prends mon temps et j'écrit suivant l'inspiration qui me vient, tout en voulant écrire quelque chose qui me plait avant tout. J’espère cependant que l'histoire vous plaît à vous aussi, et vous donne rendez vous très vite pour le chapitre suivant. 
Kamus

10 commentaires:

  1. Tu t'es bien docummenté pour faire cette histoire !

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  2. J’aime vraiment beaucoup l’idée et en plus c’est vraiment bien écrit ! J’ai hâte de connaître la suite

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  3. J'adore cette histoire, sûrement une des meilleures saga, j'attend avec impatience la suite

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  4. Impatient que ce soit le péché de la luxure :hap:

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  5. J'ai un peu l'impression de lire une fiction dans le genre H.P Lovecraft, en un peu plus moderne néanmoins.
    Au delà de ça, c'est juste parfait, le rythme, les personnages, j'accroche !
    J'ai vraiment hâte de lire la suite.

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  6. J'adore ces histoires ! Continue Kamus !!! Du grand art 👍

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  7. Un grand bravo à Kamus !! Les détails sont très bien racontés et on en apprend beaucoup sur l'histoire des péchés capitaux ! Merci =D

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  8. Juste, comment le chauffeur savait qu'Enzo faisait 2 h de cardio ? Il est précisé qu'il ne parle pas un mot de Français, et il ne doit probablement pas faire semblant car Enzo avait déja fait appel a lui dans le passé, la ou il n'y avait pas encore la Pierre, c'est a dire la ou le chauffeur n'avait aucun intéret a mentir.

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