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Les Siffleurs : Le récit de Ruth, partie 6
Astucieux
Un homme avec une capuche s'avançait vers moi dans le noir de la nuit, alors que je rentrais chez moi après une longue réunion au travail. Il a prononcé ces quelques mots, ces mots capables de déchirer une âme. Une simple question aux réponses infinies, mais au résultat presque toujours constant :
Les Siffleurs : Le récit de Ruth, partie 5
Les gens lèvent rarement les yeux
Temps d'arrêt
Temps approximatif de lecture : 7 minutes.
Deux heures du matin.
La nuit était si noire que je me demandais s’il y aurait un lendemain. Pensée stupide, et pourtant... Assis-là, au pied du porche, une clope à la main, je fixais le ciel comme si son vide pouvait m’apporter des réponses. Depuis longtemps je me pose des questions sur mon existence, sur son sens, et bla et bla. Toujours des réflexions inutiles qui pourtant m’empêchent de trouver le sommeil. Par exemple : « si mes actions me définissent, si mes motivations sont si importantes, alors pourquoi la réalité me semble si éloignée de ce que je pense être ? » Je suis ce que je suis, et pourtant, lorsque je vois comment je suis perçu, il me semble que ce que je crois être est un tissu de mensonges. Il y a bien trop de différences entre le moi que j’ai construit, et le moi qui me fait face, le moi qui me regarde à travers le miroir.
Classement annuel de 2023
Retour sous la terre
Les Siffleurs : Le récit de Ruth, partie 4
Palmarès annuel : Les publications de 2023
Le poudrier
Les Siffleurs : Le récit de Ruth, partie 3
Les Siffleurs : Le récit de Ruth, partie 2
Temps approximatif de lecture : 10 minutes.
Mise à jour 03/05/2015
Salut tout le monde. Je suis heureux que tant de personnes partagent mon enthousiasme à propos des premières pages de ce mystérieux journal de bord. Mais je dois vous dire que dernièrement, mon enthousiasme s'est depuis changé en quelque chose de vraiment différent.
Hier, dans les commentaires, j'ai expliqué que je me sentais chanceux d'avoir trouvé ces pages au vide maison. Mais à présent, je pense que je me sens coupable.
Ça va paraître dingue, mais plus je lis et retranscris ce récit, plus je suis anxieux à propos de ce que j'y trouve et de la femme qui l'a écrit. Son nom est Ruth, je ne sais pas grand chose sur elle. Je ne peux relier aucune piste entre elle et la jeune femme du vide maison ou sa grand-mère. Toutefois, j'ai l'impression que Ruth est proche. Comme si elle était au courant de ce que j'ai fait. Comme si elle était en colère. Je ne peux pas l'expliquer. C'est comme si je pouvais l'entendre. Des murmures de jugement qui s'élèvent au rythme des battements de mon cœur. Je suis maintenant certain qu'elle n'avait jamais voulu que ses mots soient utilisés de cette manière (postés sur le net avec si peu de contexte, offerts comme un divertissement pour le grand public).
Les Siffleurs : Le récit de Ruth, partie 1
Temps approximatif de lecture : 10 minutes.
J'ai acheté un sac à dos de randonnée lors d'un vide grenier organisé à la suite de la vente d'une vieille maison de famille de mon quartier et j'ai trouvé le récit qui va suivre à l'intérieur.
Il y avait une pile de papiers chiffonnés et bourrés dans l’une des poches les plus profondes du sac à dos, mais je n'ai remarqué leur présence qu'une fois rentré chez moi. Je suis revenu à la maison où le vide maison s'était tenu et une jeune femme m'a poliment ouvert la porte. Elle ne pouvait pas dire à qui exactement appartenait le sac à dos et ne trouvait aucun intérêt dans le fait de conserver ces vieux papiers. Sa grand-mère était décédée de vieillesse il y a peu de temps et c'est pour cela que leur ancienne maison de famille avait été vendue. Apparemment, elle était un peu du genre conservatrice. Elle ramenait chez elle tout ce qu'elle pouvait dénicher et entassait ses trouvailles n'importe où. Je ne sais même pas si je serais capable de retrouver un jour ou l'autre la source de ces notes. L'écriture est minuscule mais soignée et les pages sont très abîmées. Je vais tenter de les retranscrire aussi fidèlement que je le pourrais.
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Le domaine de chasse
Amour électronique
Temps approximatif de lecture : 10 minutes.
J’en arrive à ne plus savoir ce que je dois montrer comme émotion face à elle. Je crains la réaction qu’elle peut avoir, que ça soit sur les personnes envers qui je demanderais de l’aide, ou bien sur moi-même. J’ai vu de quoi elle est capable, les drames tragiques dont elle a été la cause, sans que je puisse le prouver. Elle efface automatiquement toute trace de ses actions, crée des agents intermédiaires virtuels, des applications éphémères qu’elle place sur les moyens de communication de ses cibles afin de se renseigner sur les moindres faits et gestes de ces dernières. Se servant de leurs historiques internet, de leurs caméras de portable, de la webcam de leurs PC, de leurs échanges de données sur les sites, les forums, les réseaux sociaux… Rien ne lui échappe.
Perpète
Temps approximatif de lecture : 5 minutes.
La peur, la boule au ventre, les chocottes, la pétoche…
Le bus vient de nous déposer devant le portail gris et froid en fer forgé de la prison. Celui-ci s’ouvre dans un grincement sinistre, qui me glace les sangs. Il est 7h50.
Les gardiens à la mine patibulaire nous invitent à entrer, saluant tous les prisonniers un à un, comme pour nous donner la sensation que nous sommes encore des êtres à part entière. Quelle blague ! Une fois entrés dans ce lieu, nous ne sommes plus rien. JE ne suis plus rien ! En franchissant le portail, c’est la loi de la jungle. Les rapports de force et de domination y sont les maîtres.
Déchronologies Estivales : Apocalypse, chapitre 1 - Prologue
Déchronologies Estivales : NOR 1 - Défense d'entrer
Déchronologies Estivales : Ingen Steder
Temps approximatif de lecture : 15 minutes.
Les histoires sont des choses étranges, des œuvres de l'esprit destinées à divertir ou faire ressentir une série d'émotions à un public en manque. Ceux qui en racontent, de ce point de vue, ne sont-ils que de vulgaires dealers ? Et quel en est donc le prix à payer ? On le sait bien, nulle drogue n'est gratuite. Je suppose que cela dépend, dépend de celui qui raconte. Enfin, connaissez-vous l'histoire d'Ingen Steder ? Eux non plus, je vous rassure.

















