Spotlight : Fou d'amour

Natasha sortait du cinéma avec lui. Lui. Il s'était toujours montré gentil et serviable, et n'avait jamais vraiment cherché à cacher son intérêt pour elle. Elle l'aimait beaucoup. Sans doute un peu plus qu'un simple ami, mais elle était trop timide pour lui avouer. Il se tenait là, devant elle, la regardant, son visage exprimant une profonde sympathie. Elle était plongée dans ses pensées, aussi ne réalisa-t-elle que tardivement qu'il lui parlait.

" ... que je te raccompagne chez toi ?
- Euh ... Ah, oui, je veux bien. "

Elle n'avait pas vraiment tout compris, mais il parlait de la raccompagner chez elle, peut-être serait-ce une chance pour eux d'aller un peu plus loin que la simple amitié, non ? Elle l'avait vu plusieurs fois tenter des choses maladroitement en se demandant ce qu'il faisait, et n'avait réalisé qu'après coup qu'il avait tenté de l'embrasser ou de la prendre dans ses bras. Alors qu'ils commençaient à marcher l'un à côté de l'autre en direction de chez elle, elle se mit à rougir en repensant à toutes les fois où il avait voulu exprimer ce qu'il ressentait pour elle, et où elle avait tout gâché. Il l'interpella.

" Ça va ?
- Oui oui.
- Tu es sûre ?
- Certaine, fit-elle en rougissant de plus belle.
- T'es trop mignonne quand tu rougis, j'te boufferai si je m'écoutais. "

Aaah ... les mecs, se dit-elle. Ils pouvaient avoir de ces expressions. Elle esquissa un sourire gêné, tentant de masquer son malaise, et réalisa qu'ils arrivaient déjà devant chez elle.
Les deux s'arrêtèrent sur le palier et se fixèrent longtemps sans rien mot dire, sans oser dire au revoir à l'autre. Alors, dans un élan de folie, une pulsion passionnée, il l'entoura de ses bras et s'empara de ses lèvres pour lui offrir un baiser fougueux, se laissant aller à son soi le plus primitif. Il verrouilla un peu plus son étreinte autour d'elle, et lui vola un autre baiser, un filet de bave dégoulinant entre leurs lèvres. Elle étouffait d'amour pour lui depuis trop longtemps. Pour elle, la situation était tellement merveilleuse qu'elle ne put retenir quelques larmes qui firent couler son maquillage.
Lui n'en avait que faire et continua de la serrer contre lui, son torse brûlant de passion serré contre sa poitrine. Il passa ses mains sur les hanches de sa belle et la saisit par la taille tout en prolongeant leur baiser passionné. Elle s'abandonnait volontiers à lui, sans même chercher à lui résister, et se souviendrait pour le restant de sa vie de ce premier baiser, de cet amour qu'elle ressentait pour lui. Elle sentait son odeur, cette odeur qu'elle adorait, et se serrait contre lui encore un peu plus, fermant doucement les yeux alors qu'il commençait à la déshabiller. Allaient-ils le faire dehors ?

Non, il s'arrêta un court instant et ouvrit la porte avant d'entrer et de la claquer derrière eux, revenant aussitôt à elle, s'emparant de ses lèvres et l'emprisonnant dans ses bras, faisant lentement descendre ses mains tandis qu'il la déshabillait, commençant par lui enlever son débardeur avec un sourire. L'excitation le prenait, il donnait libre cours à ses sentiments, s'ouvrait à elle en faisant tomber son habituel masque de timidité. Mais alors qu'il commençait à déposer des baisers dans son cou, elle grimaça en sentant une douleur piquante lui lacérer la taille.
Il avait planté ses ongles dans celle-ci, lui faisant horriblement mal. Elle voulut hurler mais n'en fit rien, ne désirant pas gâcher ce moment. Alors qu'il passait ses lèvres sur son cou, elle ferma les yeux, ivre de désir. Elle n'osa les rouvrir que lorsqu'elle sentit des dents puissantes s'enfoncer brutalement dans sa gorge, et son sang chaud gicler par jets de l'ouverture. Avec ses bras puissants qui l'enlaçaient toujours comme un carcan de chair, il l'empêchait de faire le moindre mouvement. Elle tenta de hurler, mais son cri se perdit en un horrible gargouillement alors que le sang envahissait sa gorge.
Sans lui prêter attention, il recommença la sinistre manœuvre et planta violemment ses crocs dans son cou, puis passa à la poitrine, aux bras, et enfin au visage, en arrachant des lambeaux qu'il dévorait tel un cannibale affamé, froidement, sans même hésiter ou trembler. Qui était ce garçon ? Elle le croyait amoureux d'elle. Et maintenant, elle ne sentait plus que ses ongles et ses canines la déchiqueter, dans un bruit grossier de mastication. Alors qu'elle continuait de se vider de son sang, Natasha se perdit dans les affres de la douleur, et la dernière chose qu'elle vit avant d'y succomber fut le visage bariolé de rouge de l'homme qu'elle aimait, lui arrachant la joue à pleine dents.

                                                                                                                                         Texte de Lykaa


2 commentaires:

  1. Cette histoire qui ne donne plus envie de rencontrer personne xD

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  2. Le célibat c'est pas si mal finalement...

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