Folie Noire

Tout a commencé lentement, presque comme une brise subtile au milieu d’une tornade. Nous n’avons rien vu et rien fait pour l’empêcher, pour les empêcher. Non que cela m’ait intéressé en vérité, la passion m’obnubilait tellement que je regardais les événements de loin, comme des informations parmi tant d’autres. Et aujourd’hui, je suis dans un bar noyant ce qu’il me reste de santé mentale avec la première choppe venue. Malheureusement, dame Éthanol me hurle de plus en plus ma sottise et se moque de moi : « Idiot, imbécile, tu n’as rien fait ! » Non, je n’ai rien fait pour empêcher la femme que j’aime de disparaître et de laisser place à une aberration immonde, infante bâtarde incarnant la suprême déchéance du monde.   

Je bois, je bois et mes souvenirs persistent. Ils refusent de partir et dansent dans ma caboche amoindrie. Une frénésie mémorielle digne de bacchanales psychiques. Ils étaient peu au départ, et personne ne faisait attention à eux, ces monstres faisaient partie du décor. Quant à nous, nous étions simplement heureux. Deux dépravés croquant une vie qu’ils considéraient comme dissolue. Cela n’a pas duré, les gens se sont peu à peu mutés en autre chose. Leurs visages se sont aggravés et ils se méfiaient de tout. Une paranoïa s’ancra dans leurs cœurs face à tout ce qui était potentiellement menaçant. Ce n’était pas encore grave à ce moment. Nous pensions que la démence n’était pas une maladie contagieuse. Nous avions tort. 

Puis des villes tombèrent, de plus en plus. La population cédant psychologiquement face à la beauté et la splendeur de ces êtres confiants en leur folie destructrice. Comment blâmer ces gens de vouloir eux aussi goûter au repos de la certitude absolue ? La vérité a-t-elle une si grande importance face à la tranquillité de l’esprit ? Non, le bonheur est la seule chose qui compte vraiment. Alors pourquoi, grand Dieu, pourquoi ne puis-je être fou comme eux ? Pourquoi ne puis-je avoir le rictus du soupçon gravé sur la face ? Ils sont beaux, je suis laid. L’écarlate du sang dans le regard est une poésie bien plus céleste que mon marron terne. Mais comme Bérentier, je ne peux pas capituler.   

Un autre verre, j’en suis à combien ? Je ne sais plus et je m’en moque, car je la vois elle maintenant. Son changement progressif et mes tentatives ratées pour nous réconcilier. Mes tentatives pour la sauver du précipice, en vain. Je ne suis que peu de chose en comparaison de ces ogres capables de fissurer l’esprit d’un seul cri. Alors ma douce, ma belle, ma superbe s’est éloignée de moi. Je pouvais le voir, ce conflit intérieur et son amour luttant pour ne pas mourir. Fatalement, un jour, la flamme s’est éteinte.   

La bête portant le cuir de ma défunte sœur m’a simplement regardé et m’a demandé de partir. Elle estimait que son utérus sain ne pouvait recevoir mon foutre impur. Elle m’a dit qu’il était temps d’abandonner le bâtard que j’étais sur une aire d’autoroute. Les seuls chiens viables sont des loups, et non une bouillie informe de gènes ingrats formant les clébards de ma catégorie.   

Je n’ai pas eu le courage de dire un mot, seules mes glandes lacrymales ont su s’exprimer. Sans perdre un instant, je suis venu ici, dans un vieux bar portuaire insalubre proche de tout soupçon et donc loin d’eux. Sire Ivresse et Reine Océan, accordez-moi un ultime somme.

Texte de Wasite

3 commentaires:

  1. Le texte parle d'un inseste.
    Le conteur est le frère.
    Il parle de l'amour qu'il partageait avec sa soeur. Qu'ils s'aiment, mais qu'en grandissant, les adultes ont commencé a trouver qu'ils étaient beaucoup trop proches. Et la soeur aussi a changé. Elle a grandis et c'est rendue compte que ce n'est pas un amour normal.
    Alors que son frère est amoureux d'elle. Il la veut sentimentalement et phisyquement. Il est le seul à ne pas avoir compris pourquoi c'est mal.
    Donc sa soeur c'est mise a le détester. Lui et cet amour impur.

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